Les Bourses mondiales démarrent l'année 2019 dans une ambiance de mini-krach

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(Crédits : Reuters)
L'avertissement du géant de la technologie Apple mercredi soir a fait plonger le titre à Wall Street, entraînant dans son sillage ses fournisseurs en Asie et en Europe et provoquant un repli généralisé des Bourses à travers le monde. A cause aussi des mauvais chiffres des secteurs manufacturiers américain, européen et chinois, et malgré le rebond du pétrole hier soir, l'onde de choc continuait de faire des dégâts ce jeudi sur les grandes places financières de la planète.

[Article publié jeudi 3 janvier 2018 à 18:58, mis à jour à 21h50]

Les Bourses européennes, qui avaient débuté l'année en baisse pour leur première séance, le mercredi 2 janvier 2019, à l'exception de Francfort, ont à nouveau terminé ce jeudi dans le rouge, face à de nouveaux signes de ralentissement de la croissance mondiale et surtout entraînées par la chute d'Apple.

En effet, mercredi soir, après la séance, la firme à la pomme prenait la décision rare d'abaisser sa prévision de chiffre d'affaires trimestriel, son directeur général Tim Cook mettant en cause le ralentissement des ventes d'iPhone en Chine, dont l'économie souffre des incertitudes liées aux tensions commerciales avec les Etats-Unis. Concernant Apple, "il s'agit de la première révision à la baisse des prévisions en presque deux décennies", a observé Chris Low de FTN Financial.

Lire aussi : Ventes d'iPhone : Apple est-il victime de ses prix prohibitifs ?

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Statista, Apple, avertissement, chiffre d'affaires

[Apple a lancé un avertissement sur son chiffre d'affaires 2019, mercredi 2 janvier après la clôture de Wall Street. Crédit : Statista*]

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Apple n'est plus que la 4e capitalisation mondiale

Cet avertissement du géant de la technologie a fait plonger dès mercredi soir le titre Apple dans les échanges après la clôture à Wall Street, entraînant dans son sillage ses fournisseurs en Asie et en Europe et provoquant un repli généralisé des Bourses à travers le monde.

Et de fait, jeudi, à l'ouverture du Nasdaq, dans les premiers échanges, l'action du groupe américain Apple décrochait de 8,72% à 144,13 dollars (et jusqu'à - 9,05% soit une perte d'environ 68 milliards de dollars), accusant sa plus forte baisse en séance depuis près de six ans. Le titre est retombé ainsi à un plus-bas depuis juillet 2017 et ne pèse "plus" que 700 milliards de dollars. Il avait déjà perdu son rang de première capitalisation boursière mondiale, au profit de Microsoft en novembre, et est désormais tombé à la quatrième place, derrière Amazon et Alphabet (Google). Début août, Apple avait été la première entreprise à franchir le cap des 1.000 milliards de dollars de valeur boursière, suivi un mois plus tard par Amazon.

Lire aussi : Microsoft détrône Apple à Wall Street

Wall Street à nouveau dans le rouge

L'avertissement d'Apple a fait chuter l'ensemble de la place de Wall Street dès l'ouverture. Dans les premiers échanges, l'indice Dow Jones lâchait 277,54 points, soit un recul de 1,19%, à 23.068,7 points. Vers 16 heures, l'indice vedette perdait 2,76% à 22.701 points.

Le Standard & Poor's 500, plus large, abandonnait 0,8% à 2.490,07 points, puis  s'enfonçait de 2,35% à une heure de la clôture, à 2.450 points.

Le Nasdaq, à forte coloration technologique, cédait d'emblée 1,21% à 6.585,32 points puis reculait jusqu'à 2,80% à 6.480 points.

Le profit warning d'Apple s'ajoute à des statistiques manufacturières moroses aussi bien en Chine, dans la zone euro que, dans l'après-midi, aux Etats-Unis, semblant montrer que le conflit commercial sino-américain prélève bien son tribut sur le secteur industriel à travers le monde.

Lire aussi : Chine : l'indice PMI manufacturier sous la barre des 50, un plus-bas depuis 2016

Lire aussi : Zone euro : le secteur manufacturier finit l'année en quasi stagnation et s'inquiète pour 2019

Le chômage augmente plus que prévu aux Etats-Unis

Les investisseurs ont par ailleurs pris connaissance de deux statistiques touchant au marché de l'emploi aux Etats-Unis, en prélude à la très attendue statistique mensuelle des créations d'emplois qui sera publiée vendredi. Les inscriptions hebdomadaires au chômage ont augmenté plus que prévu aux Etats-Unis lors de la semaine au 29 décembre, sans remettre en cause la tendance de fond vigoureuse du marché de l'emploi en dépit d'un contexte économique et financier peu porteur.

Le secteur privé a créé 271.000 emplois en décembre aux Etats-Unis, un nombre nettement supérieur aux attentes et le plus élevé depuis février 2017, selon l'enquête mensuelle publiée jeudi par ADP.

CAC 40 et Bourses européennes plombées par la tech

En Europe aussi les Bourses n'ont pas manqué jeudi d'accuser le coup de l'avertissement lancé par Apple, qui a contribué à alimenter les craintes vis-à-vis de la conjoncture économique mondiale. Et ce n'est pas un très mauvais indice manufacturier américain qui a pu rassurer : l'indice ISM est tombé en décembre au plus bas depuis novembre 2016. Logiquement, les investisseurs se rabattent sur des actifs jugés moins risqués, que ce soit le marché obligataire, l'or ou encore le yen.

À Paris, le CAC 40 a terminé en baisse de 1,66% à 4.611,48 points. Le Footsie britannique a cédé 0,62% et le Dax allemand a perdu 1,55%. L'indice EuroStoxx 50 a laissé 1,29% et le Stoxx 600 0,98%.

"Pour le moment, les investisseurs réagissent en fuyant les actifs risqués", a commenté Philippe Waechter, chef économiste d'Ostrum Asset Management (groupe Natixis), cité par Reuters.

"Personne ne veut prendre le moindre risque parce qu'aucune des incertitudes auxquelles nous sommes confrontés n'a été levée, que ce soit le Brexit, cette guerre commerciale (entre la Chine et les Etats-Unis), ou la croissance; les investisseurs se mettent la tête dans le sable et attendent".

L'avertissement d'Apple est de très mauvais augure à quelques semaines de la prochaine "saison" des résultats trimestriels, a observé de son côté Peter Rutter (Royal London Asset Management).

Les analystes pensent que les bénéfices des entreprises de l'indice S&P-500 augmenteront de près de 7% cette année, alors qu'ils anticipaient 10% fin octobre, ce qui restait bien loin des 24% attendus pour 2018, selon des données IBES de Refinitiv.

(Avec Reuters et AFP)

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(*) Un graphique de notre partenaire Statista.

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Commentaires
a écrit le 04/01/2019 à 17:11 :
Ce n'est plus vraiment le minikrach aujourd'hui vendredi : +2,8% pour le Cac 40.
Les journalistes, faites un effort pour vous tenir au courant !
a écrit le 04/01/2019 à 9:23 :
Une multinationale américaine éternue et l'europe s'enrhume.

Vite un frexit.
a écrit le 04/01/2019 à 7:38 :
Concernant apple, c etait quand meme prévisible. Pas d innovation marquante excepté une envolee du prix et une sortie annuelle d un telephone devenu basique.
Bref, va falloir innover dur pour redresser la barre.
a écrit le 03/01/2019 à 23:01 :
La croissance est en panne, pourquoi ? Parce qu'au final nous depensons de l'argent qui est emprunté, et surtout de l'argent qui n'existe pas. A force, pour faire tourner le système, de mettre un carburant de moins en moins énergétique, nous ralentissons et finissons par nous arrêter.
Nous arrivons au môment où il va falloir solder les comptes, ce qui signifie faire payer les banques et surtout leur retirer la capacité de créer la monnaie et l'exclusivité de financer les États.
a écrit le 03/01/2019 à 19:43 :
Elle se cherche avec les dents.
C’est qu’une question de dentier. Adressez vos questions au président du pouvoir d’achat.

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