Tamaplace, la startup qui ne craint ni Google ni Microsoft

Pascal Rabiller

Pascal Rabiller
Fin octobre 2016, le géant Google annonçait la sortie d'un outil collaboratif numérique interactif, un écran de 55 pouces capable de remplacer le tableau blanc des salles de réunion. Visioconférences, échanges de documents, interventions, le tout en temps réel, voilà ce que propose Google avec Jamboard... pour 6.000 dollars, quand son concurrent Microsoft propose une solution baptisée Surface au prix minimum de 8.500 euros.
De ce côté-ci de l'Atlantique, tout près de Bordeaux au cœur de l'Aérocampus de Latresne, ce type d'information ne semble pas inquiéter la startup Tamaplace qui, depuis 2015, développe Tamashare, une interface en concurrence frontale qui permet, via un écran tactile, à tous les participants d'une réunion, où qu'ils soient, de communiquer et de partager, voire d'intervenir, sur des documents qu'ils visualisent et manipulent comme s'ils les avaient tous sous les yeux.
Bref, une solution en concurrence frontale avec Google et Microsoft, mais qui ne se commercialise pas au même prix.
La différence de prix affichée s'explique par le fait que les solutions Google et Microsoft concernent également l'écran tactile dédié embarquant la solution.
L'autre différence notable c'est que la solution Tamashare, contrairement aux offres des prestigieux concurrents US, ne stocke rien sur le cloud.
Les échanges, voix, vidéos, fichiers... des différents intervenants de la réunion dématérialisée sont entièrement cryptés à un niveau qui relève de la sécurité défense.
"Compte tenu de la défiance sur le sujet du stockage et de l'exploitation des données, notre originalité devient un bon argumentaire."
Un bon argumentaire qui, grâce à la participation au CES Consumer Electronique Show (Las Vegas) 2016 auquel participait Tamaplace a débouché sur des succès notables.
Outre Lenovo et même ST Microélectronics, rencontrés en off du CES 2016, la startup bordelaise a séduit un autre acteur majeur du service en technologies de l'information, CGI, pour qui Tamaplace a développé, en marque blanche, l'application Maeva de visio-expertise pour la maintenance critique aéronautique.
Accompagné, financièrement, par la Région Nouvelle-Aquitaine, expérimentée par Airbus pour l'analyse de fuselage, la solution commercialisée par CGI devrait connaître un destin international.
Pour le moment, ce n'est pas le cas de Tamashare, solution hyper compétitive, ergonomique, qui ne nécessite pas de gros débits internet, et a donc tous les atouts pour changer fondamentalement les salles de réunions et le travail collaboratif, mais qui n'est pas encore déployé de manière massive.
Un défaut que n'ont pas les fabricants de matériel, notamment les producteurs d'écrans tactiles dont certains ont trouvé en Tamashare le chainon qui manque entre les produits qu'ils proposent et les services qu'ils peuvent rendre. "Tous les commerciaux qui présentent leurs écrans tactiles en mettant en avant Tamashare... vendent leurs écrans tactiles", promet le dirigeant bordelais.
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Une des pistes de développement économique passe donc par les partenariats commerciaux entre la startup bordelaise et les fabricants - distributeurs.
La société qui réalise 140.000 euros de chiffre d'affaires et compte sept personnes, entend, dès cette année, atteindre les 650.000 euros. Une somme qu'elle espère aussi lever prochainement après des années de développement sur fonds propres et subventions.
"Cette somme corrigera notre carence en marketing", glisse le dirigeant.
En attendant, au mois de février, c'est à Cannes que Tamaplace tentera de briller. Cette fois ce sera au salon international du jeu puisque la startup bordelaise y présentera un nouveau projet de jeu en ligne.
Histoire de boucler la boucle puisque la table ou tableau numérique de travail collaboratif Tamashare est née presque par hasard, alors que la société travaillait sur la mise au point d'une table de jeu de société connectée...
Pascal Rabiller
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