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ENTREPRISES - La Tribune ToulouseBusiness - La Tribune Toulouse

Rapprochement EADS - BAE Systems : le projet et les risques

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Publié le 13 septembre 2012 à 13:03 - Mis à jour le 14 septembre 2012 à 15:09

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La révélation d'un rapprochement entre EADS et BAE Systems dans la presse pourrait fragiliser l'opération. Selon le droit britannique, les deux groupes ont 28 jours pour dire s'ils vont jusqu'au bout du projet. Ils doivent encore terminer le processus d'évaluation de leur rapprochement. En outre, la réaction de la bourse, qui n'adhère pas, risque de ne pas faciliter l'opération.


C'est une véritable course contre la montre pour EADS et le britannique BAE Systems. Une fois les négociations révélées mercredi par l'agence Bloomberg, les deux partenaires ont maintenant 28 jours, selon le droit britannique, pour valider ou non le processus de rapprochement des deux groupes. Or, les contours de l'opération, selon un proche des négociations, n'étaient pas encore arrêtés. D'où un certain flottement dans le communiqué d'EADS ainsi qu'un fort agacement par ces fuites et un éventuel doute sur la réussite des négociations. "Il n'y a aucune certitude quant à la réalisation de cette opération, et une communication sera faite en temps voulu", a expliqué mercredi soir EADS.

Les deux groupes travaillaient sur la création d'un holding chapeautant deux groupes cotés réunissant les actifs d'un côté d'EADS et de l'autre de BAE Systems. "Mais rien était encore validé", explique-t-on à "latribune.fr". Si ce schéma devait en définitive être adopté, cela rassurera en partie le gouvernement américain, toujours très soucieux de protéger ses intérêts industriels, détenus par le groupe britannique aux États-Unis. BAE Systems emploie près de 40 000 personnes dans 42 États américains et EADS 3 000 dans 15 États. Le chiffre d'affaires de BAE aux États-Unis a été de 14,4 milliards de dollars en 2011 et celui d'EADS de 1,4 milliard de dollars environ. Il est vraisemblable qu'une fusion entre EADS et BAE Systems serait autorisée aux États-Unis, selon plusieurs sources proches du dossier interrogées par Reuters.

Manque de temps ?

Clairement, ce manque de temps pour une opération d'une telle ampleur, où certains détails sont souvent primordiaux pour les États qui détiennent des intérêts stratégiques dans EADS, pourrait être crucial... quand bien même les États (France, Grande-Bretagne, Allemagne et Espagne) regardent également avec bienveillance cette opération. Il était plus ou moins prévu que l'opération soit présentée au conseil d'administration d'EADS fin septembre, mi-octobre. Soit environ un mois de décalage. Il manque grosso modo un mois de travail. "Cela ne nous inquiète pas, explique-t-on chez EADS. La question de temps n'est pas un problème, on peut passer la vitesse supérieure".

La Bourse, source d'inquiétudes ?

L'autre inquiétude vient de la Bourse, qui digère mal pour le moment l'opération. Après avoir perdu 5,63% mercredi, le titre EADS continuait sa dégringolade jeudi matin (-6,70%) tandis que BAE Systems, qui décollait mercredi (7,02%), poursuivait son ascension (+12,29%). Si le mouvement se poursuivait, cela pourrait remettre en cause les valorisations déjà définies lors des négociations, qui se sont ouvertes début juin avec l'arrivée de Tom Enders à la tête d'EADS. Des négociations qui ont, au début, concerné uniquement le consortium Eurofighter, puis un mouvement de plus grande ampleur après validation des directions générales, un rapprochement entre EADS et BAE Systems.

Frilosité des actionnaires ?
Enfin, Lagardère qui a publié jeudi matin un communiqué, fait montre d'une certaine frilosité par rapport à l'opération. En tout cas, ce n'est pas l'enthousiasme pour l'un des actionnaires historiques d'EADS, qui sera dilué dans le nouvel ensemble tout comme l'État français et Daimler. "Au vu des informations à sa disposition, le groupe Lagardère veut s'assurer, avant de donner son assentiment, que toutes les conséquences attachées au projet de rapprochement des activités d'EADS NV et de BAE Systems plc ont été prises en considération dans la fixation des termes et conditions de l'opération proposée", a averti le groupe d'Arnaud Lagardère. Le groupe Lagardère tient à rappeler, par ailleurs, "que ce projet n'a pas encore été soumis à l'approbation des conseils d'administration de Sogeade Gérance et d'EADS NV". Bien sûr l'État français pourrait tordre in fine le bras d'Arnaud Lagardère si celui-ci était trop récalcitrant.

Mais c'était aussi le cas de l'État français, qui a adopté un ton très neutre pour commenter l'opération. Ainsi le ministre de l'Économie et des Finances, Pierre Moscovici, a pris acte mercredi "des communiqués des sociétés EADS et BAE Systems faisant état d'un possible rapprochement entre ces deux sociétés. L'État, actionnaire indirect d'EADS, se prononcera le moment venu en vertu des conventions en vigueur régissant la gouvernance d'EADS". Là aussi, ce n'est pas un franc et massif soutien à cette opération. Très neutre, ce communiqué ouvre toutes les options. Sans plus.

Michel Cabirol pour La Tribune.fr

©photo Rémi Benoit

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