Aéronautique : Aubert & Duval, symbole du « rebond industriel »
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Deux ans après son sauvetage par Airbus, Safran et Tikehau, Aubert & Duval connaît une renaissance.
Rémi Benoit
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Deux ans après son sauvetage par Airbus, Safran et Tikehau, Aubert & Duval connaît une renaissance.
Rémi Benoit
Un chantier colossal est engagé au cœur de l'usine d'Aubert & Duval de Pamiers dans l'Ariège. Le métallurgiste aéronautique mobilise 82 millions d'euros pour remplacer l'une des presses historiques du site, en activité depuis 1932. Il a fallu littéralement pousser les murs pour réhausser le bâtiment afin d'accueillir la nouvelle machine. La presse de 6 000 tonnes, dont la mise en service est attendue mi-2026, va permettre au groupe de se positionner sur la fabrication des pièces de grande dimension destinées à l'aéronautique (pièces de structure, arbres et disques moteur).
Premier employeur privé de l'Ariège avec 1 100 salariés, Aubert & Duval en profite « pour décarboner en remplaçant les fours à gaz par des fours 100% électrique », indique le directeur du site Lionel Guimbard. La nouvelle presse va aussi être l'occasion de développer des procédés innovants pour les prochaines générations de moteurs à l'instar du Rise développé par Safran Aircraft Engines et GE Aerospace. La presse pourra ainsi forger avec une technologie appelée very hot die, présente aux Etats-Unis mais pas encore en Europe, qui consiste à chauffer l'outillage en permanence pour éviter tout choc thermique sur la pièce.
« C'est une entreprise assez exemplaire en termes de rebond industriel », a salué le ministre de l'Industrie Marc Ferracci, qui avait choisi de faire son premier déplacement de rentrée ce lundi dans l'usine.
Car l'industriel revient de loin, et même de très loin. « Une entreprise normale aurait fait faillite depuis très longtemps, mais Aubert & Duval n'est pas une entreprise normale », fait remarquer son PDG Etienne Galan.
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Figurant parmi les leaders mondiaux des aciers à haute performance, des superalliages et du titane, Aubert & Duval a accumulé les pertes entre des problèmes de qualité, la crise du Covid ou encore la flambée des coûts de l'énergie et des matières premières suite au déclenchement de la guerre en Ukraine. Deux ans après son sauvetage par Airbus, Safran et Tikehau, le métallurgiste aéronautique, auparavant propriété du groupe minier Eramet, a pu annoncer au printemps dernier un retour à l'équilibre en termes de résultat net.
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