Quelques 250 personnes ont participé, le 24 octobre, aux assises de la forêt et du bois à Clergoux (Corrèze) organisée par l‘interprofession Fibois Nouvelle-Aquitaine. Nouvelles essences, pratiques alternatives, stockage carbone : le changement climatique est au cœur des débats d’une filière qui se trouve bouleversée.Des questions, des études, des prospectives et finalement, pas de solutions universelles pour adapter la forêt aujourd'hui aux changements climatiques de demain. Professionnels de la filière forêt et bois, élus locaux, chercheurs, organismes publics et associations ont débattu du sujet au cœur d'une des premières forêts feuillues de production de France. Sur ce territoire où 95 % des parcelles sont sous gestion privée, la thématique anime les esprits.
Ces assises, organisées par la Fibois Nouvelle-Aquitaine à Clergoux en Corrèze, ont débuté par une action spectaculaire de l'association Canopée forêts vivantes, opposée aux coupes rases et pas invitée. Deux militants ont descendu en rappel le bâtiment et déroulé une banderole qui donne le ton : « Coupes rases on ne se taira pas ». Un sujet qui revient régulièrement au cœur de l'actualité et dont s'emparent de plus en plus de citoyens.
« Le changement climatique est utilisé comme un alibi par les coopératives forestières pour dire que les arbres sont en difficulté, qu'il faut les raser et les remplacer par des essences plus adaptées, estime Bruno Doucet, chargé de campagnes à Canopée. Or, en monoculture les arbres sont plus fragiles, attaqués par les scolytes, car ils ne sont pas mélangés à d'autres essences. » Le militant défend un autre choix, la sylviculture à couvert continu avec des forêts aux essences mélangées. « On prend juste les arbres dont on a besoin et avec la régénération naturelle, les arbres vont gagner en adaptabilité. »
«Les semences améliorées, ça va donner des solutions»
Face à l'impact du changement climatique, les participants mesurent déjà des bouleversements en cours. « Hausse des températures, pluviométrie très variable, vents violents, tempête, incendies, augmentation du risque biotique avec les scolytes et les champignons : on voit une accélération du changement climatique depuis 2010 », indique le climatologue Vincent Caillez. Dans le même temps, les forestiers font en même temps face à une hausse de la demande de bois pour décarboner les activités et à la nécessité de protéger la biodiversité en forêt.
Corinne Mérigaud, en Corrèze