Contrats abusifs, coupes illégales : le vol de bois en France inquiète la filière
Amandine Ibled
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En Haute Marne, une parcelle victime d’une coupe sauvage.
Fransylva
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En Haute Marne, une parcelle victime d’une coupe sauvage.
Fransylva
Les forêts françaises, gérées à 75 % par des particuliers, font face à des enjeux environnementaux majeurs, exacerbés par le changement climatique. Les sécheresses et les maladies ont déjà entraîné le dépérissement de plusieurs essences. Dans ce contexte, les vols de bois en forêt (sur pied) et les escroqueries sont des menaces sérieuses qui nuisent à la biodiversité et compromettent le renouvellement forestier.
Antoine d'Amécourt, président de Fransylva, indique : « Sans le travail des forestiers privés, il n'y aura pas d'avenir pour notre poumon vert. Il faut agir vite ! » La situation est d'autant plus alarmante quand on constate que de nombreux propriétaires ne portent plus plainte, découragés par l'absence de réponse pénale adaptée.
En Bourgogne-Franche-Comté, la forêt couvre 1,77 million d'hectares, soit 37% de son territoire, dont 60% de forêts appartiennent à des propriétaires privés. « La région est marquée par un type d'escroquerie qui concerne des entreprises peu scrupuleuses qui concluent des contrats avec des particuliers, puis dépassent largement les termes du contrat pour récolter plus de bois que convenu sur la parcelle du voisin et, dans certains cas, sans rémunération », constate Christian Bulle, président de Fransylva Franche-Comté. Le bois concerné est essentiellement de l'épicéa, un bois courant utilisé pour la charpente ou l'énergie. Initialement, le bois volé était vendu localement aux scieries de la région. « Nous sommes intervenus auprès du syndicat des scieurs de Franche-Comté. Ils sembleraient que les scieries n'achètent plus à cette entreprise en particulier, mais les escrocs ont trouvé d'autres voies d'export en France vers le sud-ouest, où vers les Vosges, où nous avons moins de prises », explique Christian Bulle.
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Un propriétaire du Jura, témoigne : « En 2024, on m'a rasé complètement ma parcelle de pins, sans que j'aie donné mon accord.» Ce préjudice, évalué à 45 000 euros, résulte d'une exploitation forestière illégale par une entreprise qui a non seulement coupé les arbres, mais a également laissé la parcelle à l'abandon. Un autre propriétaire, dont les sapins ont été abattus sans autorisation, souligne la difficulté de retrouver les responsables : « J'ai rencontré d'autres propriétaires qui ont eu des problèmes similaires avec cette entreprise. Celle-ci est malheureusement toujours en activité.» Ces cas illustrent la vulnérabilité des petits propriétaires face à des entreprises peu scrupuleuses, ainsi que l'inefficacité des recours juridiques.
Amandine Ibled