Le trou d’air des majors pétrolières
Juliette Raynal
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Les majors pétro-gazières européennes voient leur bénéfices fondre.
Gonzalo Fuentes
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Les majors pétro-gazières européennes voient leur bénéfices fondre.
Gonzalo Fuentes
Les bénéfices stratosphériques des géants du pétrole et du gaz engrangés en 2022 en pleine crise de l'énergie, exacerbée par l'invasion russe de l'Ukraine, sont un lointain souvenir. Après avoir enregistré un résultat financier en recul au deuxième trimestre 2024, et surtout, fait rare, en dessous des attentes des analystes, TotalEnergies affiche de nouveaux résultats en berne ce jeudi, à l'image de ses grands concurrents britanniques BP et Shell.
Au troisième trimestre de l'année, la major tricolore fait ainsi état d'un bénéfice net de 2,3 milliards de dollars, en chute de 39% par rapport au trimestre précédent, et même de 65% par rapport à la même période l'an passé ! Soit l'une des plus fortes baisses de bénéfice depuis la pandémie. Shell, qui a également partagé ses résultats aujourd'hui, voit son bénéfice reculer de près de 30% sur un an à à 4,3 milliards de dollars, contre 7 milliards à la même période l'an passé. L'hémorragie reste cependant plus contenue que celle constatée chez BP, qui a dévoilé mardi dernier son bénéfice le plus bas depuis quatre ans.
La raison de cette dégringolade tient en très grande partie au très fort recul des marges de raffinage, dont TotalEnergies et ses concurrents avaient déjà souffert au trimestre précédent. Ces marges reflètent la différence entre le prix d'achat du pétrole brut et la revente des produits transformés. Or, ces dernières ont particulièrement dévissé en Europe (-66% sur la période) et s'expliquent notamment par la baisse de la demande de diesel sur le Vieux continent alors que, dans le même temps, de nouvelles capacités de raffinage ont vu le jour. S'y ajoute le retour sur le marché européen de barils russes raffinés. Résultat, l'activité raffinage-chimie de la major française plonge de 62% au troisième trimestre, après avoir déjà reculé de 36% au trimestre précédent.
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« Les marges de raffinage se sont élevées au troisième trimestre à 15 dollars la tonne. Or, le point mort de TotalEnergies se situe à 25 dollars la tonne. Ce qui signifie qu'ils perdent de l'argent sur cette activité », pointe Ahmed Ben Salem, analyste financier chez Oddo. « Cette tendance interroge sur le maintien du programme de modernisation de raffineries engagé par TotalEnergies », poursuit-il. Si pour l'heure, la question ne se pose pas au sein de la major française, d'autres acteurs plus petits pourraient se résoudre à fermer des raffineries à court terme.
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