Méthaniseurs : l'État prêt à muscler les contrôles pour enrayer les abus
Juliette Raynal
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Méthaniseur de taille moyenne à la Chaumes en Brie, en Seine-et-Marne.
Juliette Raynal pour La Tribune
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Méthaniseur de taille moyenne à la Chaumes en Brie, en Seine-et-Marne.
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L'Etat entend serrer la vis sur les conditions de production de biogaz. Selon nos informations, un collectif interministériel a été formé à la demande du ministère de l'Agriculture pour renforcer les contrôles relatifs aux intrants des méthaniseurs. Ces grandes cuves que l'on voit pousser dans les campagnes permettent de produire du gaz « vert », à partir de la fermentation de déchets organiques, et en particulier de résidus agricoles.
« L'alimentation est la priorité absolue. L'enjeu autour des contrôles est essentiel pour assurer la crédibilité de la filière de méthanisation », expose l'entourage d'Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée à l'Agriculture et ex-ministre de la Transition énergétique. En France, en raison des enjeux de souveraineté alimentaire, la réglementation en vigueur stipule que ces méthaniseurs ne peuvent avoir recours qu'à 15% maximum de cultures alimentaires (céréales, oléagineux, etc.) spécialement cultivées à des usages énergétiques dans leurs approvisionnements.
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Or, « il y a des signaux qui nous laissent penser qu'il y a des abus », confient les membres du cabinet de la ministre déléguée. Autrement dit, que ce plafond des 15% n'est pas respecté. Dans la presse, les services de la région Normandie avaient, au printemps dernier, alerté sur le fait que des cultures de maïs se trouvaient détournées d'une destination de production alimentaire animale vers une destination énergétique. « Il y a un certain nombre de cas, reconnaît Sabrina Dupuis, déléguée stratégie chez GRDF. Mais cela reste à la marge. Nous constatons en moyenne un taux de 5 à 6%. Autrement dit, beaucoup de producteurs de biométhane ne vont pas jusqu'à ce plafond », précise-t-elle. « Ce n'est pas une généralisation, loin de là », rassure également l'entourage de la ministre. Mais, comme pour les éoliennes, il suffit qu'un projet soit mauvais pour que cela impacte toute une filière. L'enjeu est de s'assurer que la transition énergétique respecte les engagements pris », explique-t-on.
Juliette Raynal
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