À l'Expobiogaz, qui s'est ouverte à Strasbourg ce mercredi, le sujet provoque l'effervescence : le gouvernement publiera-t-il très bientôt un décret attendu depuis près de deux ans pour accélérer le développement du biométhane, ce « gaz renouvelable » issu de la fermentation de matières organiques ? Faut-il s'attendre à en connaître les contours au Congrès France Gaz, qui se tiendra dès le lendemain à Paris en présence d'Emmanuelle Wargon, à la tête de la Commission de régulation de l'énergie (CRE), ou encore de Jean-Pierre Clamadieu, président d'Engie ? Une chose est sûre : « Pour la filière, l'attente est énorme », souligne Cécile Frédéricq, déléguée générale de l'association France gaz renouvelables.
Et pour cause : ce texte, envoyé au Conseil d'Etat fin mai pour être examiné, devrait permettre de débloquer de nombreux projets, en mettant en place des « certificats de production de biogaz » (CPB). Car sans mécanisme de soutien, impossible pour les producteurs de ces molécules renouvelables de rivaliser avec le gaz naturel, toujours beaucoup moins cher malgré l'augmentation récente des prix. « En tarif de rachat du biogaz, on se situe entre 90 et 120 euros le mégawattheure (MWh) », précise Cécile Frédéricq. Contre environ 30 euros par MWh pour son équivalent fossile.
Surtout, cet outil ne risque pas, a priori, de sauter pour des raisons budgétaires. Et pour cause. Alors que le gouvernement multiplie les coups de rabot (sur l'hydrogène, les toitures photovoltaïques ou encore la rénovation des bâtiments), l'idée est justement de réaliser des économies. Le principe : obliger les fournisseurs de gaz à constituer une part de leur portefeuille en biométhane, afin que les producteurs trouvent des débouchés sans soutien direct de l'Etat.