Moins 97 % de bénéfices : les mauvais résultats du géant pétrolier BP
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Ce mardi, le géant britannique BP a annoncé ses résultats annuels. Sans grande surprise, au vu des chiffres trimestriels précédents, la chute est brutale. 2022, année lors de laquelle le groupe pétrolier avait annoncé des bénéfices records, semblent loin.
L'héritière de l'Anglo-Persian Oil Company a perdu 97 % de son bénéfice net en 2024. Le groupe atteint un bénéfice net part du groupe de 381 millions de dollars, soit 457 millions d'euros, contre 15,2 milliards de dollars un an plus tôt.
L'autre annonce attendue était celle des chiffres du quatrième trimestre, plus révélateurs des dernières tendances. Là aussi, les résultats ont déçu avec un bénéfice de seulement 1,17 milliard de dollars contre 2,99 pour les trois derniers mois de l'année 2023, soit une chute de 61 %, son plus bas niveau trimestriel depuis la pandémie de Covid-19.
Cette baisse s'explique notamment par la réduction des marges de raffinage et des dépréciations d'actifs. En moyenne, la marge réalisée sur chaque baril est tombée à 17,70 dollars contre une moyenne de 25,80 dollars en 2023, l'obligeant à mettre en vente sa raffinerie de Gelsenkirchen, en Allemagne. Résultat, le bénéfice par action est passé de 0,85 à 0,02 dollar.
Ces résultats ne sont pas une surprise et confirment les risques qui planent sur BP. Au cours des derniers mois de nombreuses rumeurs circulaient au sujet d'un grignotage du capital par différents fonds. Cette semaine, il est confirmé que le fonds activiste Eliott management a pris des parts dans la compagnie britannique, quatrième plus grande entreprise au monde tout secteur confondu. L'arrivée d'Eliott dans le capital devrait faire infléchir la politique actuelle de diversification, d'autant plus qu'un autre fonds activiste, BlueBell, plaide également pour une réduction des objectifs du groupe dans l'énergie verte.
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

Le 26 février prochain, devant les investisseurs, le directeur général de BP, Murray Auchincloss, sous pression, dévoilera les nouvelles ambitions de l'entreprise. Il a déjà promis qu'il s'agira d'une « nouvelle direction pour BP ». Une annonce peu étonnante, compte tenu des résultats décevants et de l'arrivée du fonds Eliott, connu pour demander des changements stratégiques aux groupes lesquels il investit.
À l'avenir, BP pourrait ainsi s'éloigner un peu plus de la politique de son précédent directeur général, Bernard Looney, qui préconisait une réduction progressive des investissements pétroliers au profit des énergies vertes. C'est déjà ce qu'a entamé Auchincloss. Ce dernier estime que BP « a posé en 2024 les bases de (sa) croissance (...) nous prévoyons désormais de repenser fondamentalement notre stratégie », notamment pour améliorer les retours aux actionnaires.
La baisse des investissements dans les énergies vertes est aussi un des objectifs des concurrents de BP, à l'image de Shell et TotalEnergies.
(Avec agences)
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