Qui dit chute des profits d'une entreprise cotée en Bourse, dit souvent baisse de la valeur du titre. Alors que TotalEnergies a annoncé, ce mercredi 5 février, que ses bénéfices avaient baissé de 26 % sur l'année 2024, par rapport à l'année précédente, l'action a continué de grimper. Elle a atteint 57,80 euros dans la matinée, contre 55,50 euros la veille à la même heure. « Avec ces nouveaux résultats, le groupe confirme qu'il fait figure de meilleur élève en Europe », affirme à La Tribune Ahmed Ben Salem, consultant pétrole et gaz chez Oddo BHF.
Comment l'expliquer ? Tandis qu'en 2022 et 2023, la major avait dégagé respectivement 19 milliards et 19,8 milliards d'euros de bénéfices, ce chiffre s'est replié à 15,2 milliards d'euros l'année passée. Soit moins que les attentes d'analystes consultés par Bloomberg et FactSet, qui prévoyaient entre 16,8 et 17 milliards d'euros. Seulement voilà : dans le même temps, son PDG, Patrick Pouyanné, a fait savoir qu'il augmentait malgré tout le dividende de 7,8 %, et maintenait le rythme des rachats d'actions à 2 milliards d'euros par trimestre. De quoi rassurer ses actionnaires, décidément chouchoutés.
L'entreprise ne bénéficie plus des prix exceptionnels du pétrole et du gaz observés pendant la crise de l'énergie, dans un marché bouleversé par la reprise post-Covid et l'invasion russe de l'Ukraine. En revanche, elle mise toujours sur une croissance de sa production, afin de compenser cet « environnement [...] moins bon », a expliqué Patrick Pouyanné à la presse.