Malgré le sursis obtenu par le Mexique et le Canada, certains secteurs économiques canadiens et mexicains restent la cible de Donald Trump. Pétrole, agroalimentaire, construction et automobile jouent gros dans les décisions de la Maison Blanche.« Être un ennemi des États-Unis est dangereux, mais être son ami est fatal », disait Henry Kissinger en 1968. Le message est passé. Le Mexique et Canada ont beau être associés à Washington dans l'Aceum - l'accord de libre-échange qui a remplacé l'Alena -, Donald Trump ne cesse de les cibler. Lundi, le Mexique et le Canada ont obtenu un sursis d'un mois avant l'application de tarifs douaniers sur ses biens et services. Les trois pays d'Amérique du Nord étant économiquement connectés, la force de frappe des décrets de Donald Trump, s'ils voient effectivement le jour, se retournera inévitablement contre les prix à la consommation des Américains. Explications.
Pétrole : les consommateurs du Midwest trinqueront
Le pétrole canadien - contrairement aux autres biens et services - ne sera taxé qu'à hauteur de 10 %. En effet, bien que premier producteur mondial de pétrole, les États-Unis importent 324,8 millions de tonnes de brut par an, dont 59 % en provenance du Canada. Une dépendance américaine facilitée par le calibrage de certaines raffineries américaines du Midwest et du Texas, taillées pour traiter des hydrocarbures particulièrement lourds, à l'image du pétrole mexicain ou canadien.
Sur les 4 millions de barils de brut quotidiennement importés du Canada, les raffineurs du Midwest en traite 70 %. Début janvier, en prévision de l'application des tarifs douaniers, ils ont augmenté leurs importations de près de 700.000 barils par jour. Dans ces régions du nord des États-Unis, les prix de l'essence pourraient augmenter de 20 à 70 cents par gallon (3,7 litres), selon les analystes.