Pétrole : l'AIE confirme anticiper une période de surproduction dès 2025
latribune.fr
« L'offre mondiale de pétrole augmente à un rythme soutenu », a indiqué l'AIE en évoquant la réélection de Donald Trump, favorable à l'expansion pétrolière.
Reuters
L'Agence internationale de l'Energie (AIE) a confirmé ce jeudi sa prévision d'un excédent d'offre de pétrole en 2025, quand bien même elle a légèrement relevé son anticipation de la demande.
Les producteurs de pétrole vers des jours difficiles ? C'est en tous cas le message que martèle l'Agence internationale de l'Energie (AIE) dans son rapport mensuel, publié ce jeudi. L'organisation internationale y explique notamment que la demande mondiale de pétrole devrait augmenter de 920.000 barils par jour cette année, pour atteindre 102,8 millions de barils par jour (mb/j), soit une révision à la hausse de 60.000 barils par jour par rapport à l'estimation d'octobre. Cet ajustement s'explique « en grande partie grâce à des livraisons de gazole de l'OCDE plus importantes que prévu au troisième trimestre », selon l'AIE, qui revoit ses prévisions mensuellement en fonction de la conjoncture.
Mais pour 2025, l'estimation de la croissance de la consommation d'or noir est « essentiellement inchangée » à moins d'un million de barils par jour (990.000), ce qui porterait la consommation mondiale journalière à 103,8 millions de barils. Le rythme de la croissance de la demande inférieur à 1 mb/j pour ces années 2024/2025 « marque un ralentissement important par rapport à l'augmentation de 2 mb/j en 2023 », a précisé l'AIE qui a prévenu que le marché pourrait se retrouver en situation d'excédent d'offre.
Ralentissement chinois
Le niveau prévu de la consommation d'or noir «reflète à nouveau des conditions économiques mondiales sous-jacentes inférieures à la normale», la fin du rattrapage de la demande post-Covid-19 tandis que «le déploiement rapide (des véhicules électriques) tempère également la croissance de la consommation de pétrole», a expliqué l'AIE.
Ces dernières semaines, les prix du pétrole demeurent à des niveaux relativement bas. Vers 14h à Paris, le baril de Brent de la mer du Nord grimpait de 0,90%, à 72,68 dollars. En cause: « Les marchés craignent un ralentissement de la croissance de la Chine, qui cesserait d'augmenter ses besoins en pétrole brut, ce qui ferait baisser les prix », expliquait à La Tribune, début octobre, Olivier Gantois, président de l'Ufip Énergies et Mobilités.
Pour rappel, la Chine est en proie à une crise inédite de son vaste secteur immobilier, une confiance morose des ménages et des entreprises, qui pénalise la consommation, tandis que les tensions géopolitiques avec Washington et l'Union européenne menacent son commerce extérieur. Résultat, « les craintes de ralentissement de la Chine sont presque aussi importantes que les craintes d'un embrasement au Moyen-Orient », selon l'expert.
Autre facteur baissier : l'Arabie saoudite, qui dispose de capacités excédentaires estimées à 3 millions de barils par jour, et qui n'a pas intérêt à ce que les prix augmentent trop rapidement, pointait de son côté, toujours à La Tribune, Thierry Bros, expert énergie et professeur à Sciences Po. « Ce que vise l'OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole, ndlr), c'est un prix de l'ordre de 80 à 90 dollars par baril : au-delà de 90, cela permettrait à la transition énergétique de se faire plus rapidement et en dessous de 80, ça n'équilibre pas leurs comptes », expliquait-il.
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L'OPEP+ freine sa production
Dans ce contexte baissier, l'alliance des producteurs de pétrole de l'OPEP+ a décidé le 3 novembre de reporter d'un mois une augmentation programmée de la production, qui n'interviendrait pas avant janvier. Elle tiendra sa réunion le 1er décembre afin d'examiner les perspectives du marché et ses plans de production pour 2025. Mais selon les estimations de l'AIE, même si les coupes de production établies par l'OPEP+ pour soutenir les prix, restaient en place, « l'offre mondiale dépassera la demande de plus d'un million de barils par jour l'année prochaine ».
« L'offre mondiale de pétrole augmente à un rythme soutenu », a indiqué l'AIE en évoquant la réélection de Donald Trump, favorable à l'expansion pétrolière. « A la suite des élections américaines », l'AIE s'attend ainsi à ce que les États-Unis soient le principal contributeur de l'augmentation de l'offre des pays non-membres de l'OPEP+, estimée à 1,5 mb/j en 2024/25.