COP29 : l'Azerbaïdjan veut continuer à forer du pétrole, « cadeau de Dieu »
latribune.fr
« Citez-moi, quand je dis que c'est un cadeau de Dieu. Je veux le répéter ici aujourd'hui, devant cet auditoire », a aussi répété Ilham Aliev, ce mardi.
Ilham Aliev a défendu sa production nationale, ce mardi, et a accusé les médias et les ONG occidentaux de faire de la « diffamation et du chantage » contre l'Azerbaïdjan.
[Article publié le mardi 12 novembre 2024 à 12h56, mis à jour à 16h51] Le chef de l'Etat d'Azerbaïdjan, Ilham Aliev a ouvert cette deuxième journée de la COP29 en défendant le droit des pays à exploiter leurs ressources pétrolières et gazières.
Ce mardi, le président du pays, berceau historique du pétrole, a assumé son expression de « cadeau de Dieu », pour désigner les hydrocarbures qui ont fait la richesse de l'Azerbaïdjan. Il a rappelé que l'Union européenne lui avait demandé de fournir plus de gaz, après la crise énergétique de 2022.
«Toute ressource naturelle, pétrole, gaz, vent, solaire, or, argent, cuivre : ce sont des ressources naturelles et on ne doit pas reprocher aux pays d'en avoir et de les fournir aux marchés, car les marchés en ont besoin», a asséné Ilham Aliev.
En tant que pays hôte de la COP29, « nous serons également des farouches défenseurs d'une transition verte (...). Mais nous devons dans le même temps être réalistes », a souligné l'autoritaire dirigeant.
Critique des médias et des ONG environnementales
Il a ensuite profité de sa prise de parole pour critiquer ses détracteurs. Dès la nomination comme hôte de la COP29, « nous sommes devenus la cible d'une campagne coordonnée et bien orchestrée de diffamation et de chantage de la part des médias occidentaux, des soi-disant ONG indépendantes et de certains politiciens », a-t-il tonné, ce mardi, devant le parterre de chefs d'Etat réunis dans le stade olympique de Bakou.
Sans nommer directement les Etats-Unis, Ilham Aliev s'est insurgé contre « les "media fake news" du pays qui est le premier producteur mondial de gaz et de pétrole et produit 30 fois plus de pétrole que l'Azerbaïdjan (et qui nous) qualifient d'Etat pétrolier. Ils feraient mieux de se regarder dans le miroir ». Qualifier l'Azerbaïdjan d'« Etat pétrolier », « ce n'est pas juste et cela démontre un manque de culture et de connaissances politiques », a défendu le président, soulignant que le pays représente 0,7% de la production mondiale de pétrole et 0,9% de celle de gaz.
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Le président de l'Azerbaïdjan, deuxième puissance pétrogazière d'affilée à présider les négociations climatiques, après les Émirats arabes unis l'an dernier, avait déjà qualifié ses réserves de gaz de « cadeau de Dieu » en avril. Il avait rejoint le discours récurrent de la plupart des pays en développement souhaitant exploiter la manne sous leurs pieds.
Quelques mois plus tard, Moukhtar Babaïev, président de la COP29 et ministre azerbaïdjanais de l'Environnement et des ressources naturelles, avait annoncé que son pays continuerait à augmenter sa production de gaz, « une énergie de transition », pour répondre à la demande internationale, « en parallèle » de ses investissements dans les énergies renouvelables.
Des voix s'élèvent en faveur de taxes
La France, le Kenya ou encore la Barbade prônent, eux, la mise en place de taxes pour financer la lutte contre le changement climatique dans le monde en développement. Et notamment, ce qui ne devrait pas plaire au président azerbaïdjanais, sur l'extraction d'énergies fossiles. Mais pas que, il en faudrait aussi, selon eux, sur le transport maritime, l'aviation ou encore les obligations et les actions.
Cela génèrerait des centaines de milliards de dollars, selon la Première ministre de la Barbade, Mia Mottley. « Les engagements financiers publics actuels ne suffisent pas, nous devons donc envisager des taxes », a-t-elle justifié ce mardi. Cette proposition est poussée plus globalement par un « groupe de travail » sur les contributions de solidarité mondiale, lancé en 2023.
Ce sujet est en tout cas au cœur de la COP29. Cette dernière doit se conclure par un nouvel objectif d'aide climatique à destination des pays en développement, pour les aider à réduire leurs émissions et s'adapter au changement climatique. « Je dis à tous les pays: obtenons un bon résultat. Des milliards de personnes ne peuvent pas se permettre que leurs gouvernements quittent la COP29 sans un résultat fort », a pressé le chef de l'ONU Climat, Simon Stiell.
« Nombre d'entre vous ont écrit sur les implications pour le climat des événements politiques ces dernières semaines. Je dirai juste que notre processus est solide. Il est robuste et perdurera », a-t-il ajouté, en allusion directe à l'élection de Donald Trump aux Etats-Unis.