Le pétrole en recul avant les rapports de l'Opep et de l'AIE
latribune.fr
Ce lundi 11 novembre, le prix du baril de Brent de la mer du Nord recule à 74,13 dollars. Le baril de West Texas Intermediate s'établit, lui, à 69,37 dollars, également en retrait.
Reuters
L'indécision du marché est renforcée par la difficulté d'évaluer les effets contraires sur les cours de l'or noir qu'entraîne le second mandat de Donald Trump, après sa victoire mercredi dernier à l'élection présidentielle américaine.
Les cours du pétrole faiblissent lundi, les investisseurs étant déçus par le plan de relance de Pékin dans l'attente de la publication cette semaine des rapports mensuels de l'Opep et de l'AIE sur la production.
Vers 10H15 GMT (11H15 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en janvier, perd 1,22% à 74,13 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), pour livraison en décembre, chute de 1,44%, à 69,37 dollars.
Le marché déçu par le plan de relance chinois
« Les mesures de relance budgétaire annoncée par la Chine vendredi n'ont pas ravivé l'appétit des investisseurs pour le pétrole brut » explique Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote. La Chine, premier importateur de pétrole mondial, est déjà aux prises avec une relance post-Covid laborieuse, lestée par une consommation atone et une sévère crise de l'immobilier, et le ralentissement de son activité économique plombe les cours du pétrole depuis plusieurs mois. « Les grandes banques revoient leurs prévisions de croissance à la baisse » pour le géant asiatique, précise l'analyste.
Les cours du brut calent aussi car « cette semaine, tous les principaux prévisionnistes publieront leurs rapports mensuels sur le pétrole », rappellent les analystes de DNB, expliquant un mouvement limité sur les marchés. L'Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole) publiera son rapport mardi, celui de l'Agence américaine d'information sur l'énergie paraîtra mercredi, et l'Agence internationale de l'énergie (AIE) publiera le sien jeudi.
Le retour de Trump, une aubaine pour l'industrie pétrolière
L'indécision du marché est renforcée par la difficulté d'évaluer les effets contraires sur les cours de l'or noir qu'entraîne le second mandat de Donald Trump après sa victoire mercredi dernier à l'élection présidentielle américaine. Le président élu est un fervent défenseur des énergies fossiles et le marché s'attend à des conditions favorables pour les producteurs américains.
Newsletter
Climat & environnement
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.
S'il tient ses promesses, le nouveau président devrait très rapidement décider de torpiller les restrictions sur le forage dans la partie arctique de l'Alaska, mises en place par son prédécesseur. Il devrait également lancer des appels d'offres pour davantage de concessions pétrolières dans le golfe du Mexique. Autre mesure très attendue par l'industrie : la levée du gel temporaire des permis pour de nouveaux terminaux dédiés à l'exportation de gaz naturel liquéfié (GNL), instauré en janvier dernier par Joe Biden.
Ce qui conduirait à une offre encore plus abondante de la part des États-Unis. Or, déjà, sous l'ère Biden, et malgré ses politiques climatiques dont s'est régulièrement plaint le lobby des énergies fossiles, le pays n'avait jamais autant produit de brut. La production quotidienne s'élève désormais aux alentours de 14 millions de barils de pétrole par jour.
... mais des effets incertains sur le marché mondial
Reste que pousser le niveau de production pétrolière encore plus haut ne sera pas une mince affaire. En effet, l'industrie devra réaliser de larges investissements : la durée de vie d'un puits de pétrole non conventionnel est d'environ trois ans seulement. En outre, ses gisements sont de qualité moyenne. « Les Etats-Unis ont une marge de progression, mais tout dépendra du prix », pointait récemment Ahmed Ben Salem, analyste chez Oddo. Si le prix du pétrole sur les marchés est bas, et inférieur au coût marginal de production américain, il ne sera plus pertinent d'investir dans la production. « Or, il n'est pas exclu que l'Arabie saoudite décide d'entrer dans une guerre des prix », prévient l'analyste.
Néanmoins, les prix pourraient aussi être poussés à la hausse par la possibilité de sanctions plus strictes contre l'Iran et le Venezuela sous l'administration de Trump et le ralentissement des investissements dans les énergies renouvelables.