Une ONG porte plainte contre Coca-Cola pour « greenwashing »
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En avril, le patron de Coca-Cola France avait affirmé viser « zéro déchets » lors des JO.
Regis Duvignau
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En avril, le patron de Coca-Cola France avait affirmé viser « zéro déchets » lors des JO.
Regis Duvignau
France Nature Environnement (FNE) attaque le mastodonte Coca-Cola en justice. La fédération française des associations de protection de la nature et de l'environnement a indiqué ce mercredi dans un communiqué porter plainte contre Coca-Cola Europacific Partners France, filiale de la multinationale américaine. Le grief ? Pratiques commerciales trompeuses ou « greenwashing » pendant les JO 2024 de Paris, dont Coca figurait parmi les partenaires.
En avril, le patron de Coca-Cola France, Mickaël Vinet, avait affirmé sur France Info, viser « zéro déchets » lors des JO, rappelle l'association. La réalité s'est révélée tout autre, tacle cette dernière. Dans son communiqué, FNE détaille « une chorégraphie rodée » de Coca-Cola : « Verser le contenu d'une bouteille plastique dans un gobelet, le servir à une personne qui pense alors avoir en sa possession un contenant écologique, puis jeter la bouteille à l'abri des regards ».
Ainsi, « les allégations (de Mickaël Vinet) ont revêtu un caractère trompeur, destiné à améliorer l'image de la marque aux yeux du grand public », estime France Nature Environnement dans sa plainte, consultée par l'AFP.
Coca-Cola s'est déjà défendu cet été. La multinationale avait assuré que près de 10 millions de boissons servies pendant les JO le serait « sans plastique à usage unique ». Sur un total de 18 millions, soit 8 millions servies via des contenants en plastique jetable. Elle avait aussi axé sa communication autour du déploiement de 700 fontaines ou encore la vente de bouteilles en verre réutilisables.
Concernant l'usage du plastique, Coca-Cola avait expliqué ne pas avoir d'autre choix que d'utiliser des bouteilles en plastique sur certains sites olympiques. Il faut trouver les « meilleures conditions de sécurité et de qualité alimentaire » mais aussi « s'adapter à chaque site et à ses contraintes techniques et logistiques », avait-il fait valoir. Parmi les contraintes citées : les arrivées d'eau et d'électricité, la « surface disponible » ou l' « espace de stockage ».
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

L'entreprise américaine avait en outre affirmé que ces bouteilles seraient « triées et compactées afin d'être recyclées ». Mais « le plastique a un impact environnemental dès sa production », rappelle ce mercredi Axèle Gibert, responsable de la gestion des déchets chez FNE. Car il est produit bien souvent à partir de pétrole, énergie fossile fortement émettrice de gaz à effet de serre. Et son transport puis son recyclage nécessitent ensuite une consommation d'énergie non-négligeable.
Pour Axèle Gibert, le « double discours » de Coca-Cola se retrouve plus globalement « sur les négociations sur le traité plastique ». Actuellement à Busan, en Corée du Sud, des représentants de 178 pays planchent sur ce traité international destiné à supprimer la pollution du plastique. Ils doivent s'entendre sur des questions épineuses, telles que le plafonnement de la production de plastique, l'interdiction éventuelle de substances chimiques toxiques, ou encore le financement des mesures prévues par ce texte.
Outre le plan écologique, c'est sur celui de la santé que Coca-Cola a été critiqué pendant les Jeux. Dans un article de la revue BMJ Global Health publiée en août, deux chercheuses ont mis l'accent sur la vente de boissons sucrées « à l'intérêt nutritionnel faible ou inexistant ». Or, les sodas sont « l'un des principaux moteurs » de pathologies répandues dans le monde entier comme l'obésité ou le diabète, ont rappelé Trish Cotter et Sandra Mullin.
Au-delà des JO, les autrices ont souligné la place particulièrement importante de Coca-Cola dans les partenariats sportifs. Aucun autre groupe n'en détient autant, y compris des entreprises à l'activité liée au sport, comme Nike. Cette stratégie permet à Coca-Cola de « sportwasher » (un terme créé sur le modèle du « greenwashing ») des produits mauvais pour la santé, selon elles.
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Interrogé par l'AFP à cette époque, le groupe a répondu « adapter en permanence sa gamme de produits en réduisant les sucres ajoutés ». Il a également estimé que ses financements aux JO sont « cruciaux pour permettre aux athlètes du monde entier de s'entraîner, de se préparer et de participer aux Jeux ». Une relation prônée également du côté du Comité international olympique (CIO), qui s'est dit « incroyablement fier » du partenariat avec la marque, démarré en 1928. À Paris, « ils fournissent une gamme complète de produits : eau, thé, café, jus de fruits, boissons gazeuses. Il y a donc beaucoup d'options sans sucre », avait mis en avant Anne-Sophie Voumard, directrice des services de marketing et de télévision du CIO. Problème réglé... ou pas.
(Avec AFP)
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