L’économie frugale, un modèle « qui implique de jouer collectif »
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Navi Radjou analyse le partage interentreprises dans son ouvrage « Économie frugale, construire un monde meilleur avec moins ».
Reuters
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Navi Radjou analyse le partage interentreprises dans son ouvrage « Économie frugale, construire un monde meilleur avec moins ».
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Le 21 mai, Ford annonçait partager les capacités de production de son usine de batteries de l'Arkansas avec Nissan. Cette situation illustre l'une des pistes de partage interentreprises décrites par Navi Radjou dans son dernier ouvrage, Économie frugale, construire un monde meilleur avec moins (Pearson, 2025), paru en France le 30 mai.
Ce chercheur et conseiller en innovation franco-indien, qui a vécu et travaillé des années aux États-Unis, explore depuis quinze ans des modes de production alternatifs, fondés sur la notion indienne du Jugaad, ou « innovation frugale ». Un terme hindi qui signifie « faire fructifier » les fruits que l'on possède et s'apparente plus à une forme d'ingéniosité et d'efficacité joyeuse, de créativité sous la contrainte de ressources limitées, qu'à de l'austérité.
Après s'être intéressé à certains grands groupes, Navi Radjou aborde dans ce dernier opus le sujet de façon plus systémique. « Comme dans un sport collectif, il faut collaborer face aux enjeux croissants du changement climatique et au creusement des inégalités sociales, qu'une seule entreprise du CAC 40 ne saurait résoudre à elle seule », explique-t-il à La Tribune.
Il recense une centaine d'exemples piochés dans le monde entier, notamment aux États-Unis et en France, pour illustrer l'une des pistes qu'il y développe : le partage BtoB. Les Blablacar, Airbnb et autres Vinted ont fait la popularité de l'économie collaborative entre particuliers. Mais de plus en plus d'entreprises partagent des stocks, des espaces, des équipements, des véhicules et aussi, donc, des capacités de production, voire des talents et de la main-d'œuvre. Ce partage interentreprise représenterait d'ailleurs un chiffre d'affaires très supérieur à celui généré par les particuliers.
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Les exemples les plus nombreux et les plus anciens relèvent de l'écologie industrielle, où les déchets des uns deviennent les ressources des autres, et à mutualiser certains équipements sur un même site. La réalisation la plus aboutie, qui ne cesse de s'enrichir depuis plus de cinquante ans, se trouve à Kalundborg, au Danemark. Le programme national instauré au Royaume-Uni en 2003 permet à ses membres d'éviter des tonnes de CO2 pour un coût dit « d'abattement » de seulement 1 euro la tonne. D'autres programmes existent à l'échelle européenne.
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