Essence, gazole : à qui profite la hausse ?

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La hausse du baril et la baisse de l'euro poussent les prix des carburants à la pompe à des niveaux proches de leurs records historiques. Comme les autres majors, Total devrait à nouveau annoncer des résultats spectaculaires. Avec la TVA, l'État, lui, profite de la hausse du brut.

D'un côté, des prix des carburants proches de leurs records historiques, de l'autre, un groupe pétrolier qui affiche des bénéfices qui devraient dépasser les 10 milliards d'euros pour 2010. Pour Total, qui publie ses résultats annuels aujourd'hui, le scénario est connu, l'hallali quasi certain...

Les paramètres de la hausse sont pourtant connus et hors de portée de la major française. Le prix du baril de brent, produit en mer du Nord, tutoie actuellement les 100 dollars. La baisse de l'euro par rapport au dollar renchérit les achats de brut, libellés dans la monnaie américaine. Conséquence : malgré un baril très éloigné de son record absolu de 147 dollars atteint en juillet 2008, le sans-plomb 95 se vendait mi-janvier dans les pompes françaises à seulement trois centimes de son record historique, à 1,46 euro le litre. Le gazole (80 % des volumes vendus en France), à près de 1,30 euro le litre, n'avait plus été aussi cher depuis octobre 2008, mais restait sensiblement en deçà de son record historique de fin mai 2008, de 1,45 euro. « Si l'on prend une personne qui effectue 50 km/jour en moyenne pour se rendre à son travail en consommant 7 litres de SP95 aux 100 km, son seul budget carburant atteindra 150 euros tous les mois, (soit) 10 % du revenu médian », calcule l'association de défenses des consommateurs CLCV.

Qui profite de la situation ? Les pétroliers bien sûr, avec leur amont, en extrayant et en vendant leurs hydrocarbures à des prix liés à ceux des marchés. Mais la situation est nettement moins rose dans l'aval pétrolier. Le raffinage européen se débat avec des problèmes structurels de surcapacités et de marges faibles qui dépendent peu de la valeur absolue du baril (schématiquement, les marges reflètent la différence entre le prix d'achat du brut et les ventes de produits raffinés). En France, les distributeurs sont plutôt moins gourmands que dans le reste de l'Europe, conséquence du poids de la grande distribution. Selon le ministère de l'Écologie, les marges de transport-distribution se situaient en 2010 à 9 centimes d'euro par litre de gazole (contre une moyenne de 11 centimes en Europe).

Mais un autre acteur profite de cette situation : l'État. Les taxes représentent 50 % d'un litre de gazole vendu 1,284 euro, plus pour l'essence. La TIPP, le gros morceau de ces taxes, n'est pas liée au prix du brut, et ses recettes (25 milliards d'euros environ par an) ont baissé ces trois dernières années, conséquence de la baisse de la consommation d'essence. Mais la TVA, qui s'ajoute à la TIPP, augmente mécaniquement avec la hausse des carburants. En 2007, l'État avait collecté 8,6 milliards d'euros de TVA sur les hydrocarbures. En 2008, année de tous les records, les recettes atteignaient 10,25 milliards.

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