Les marchés d'actions s'interrogent sur la solidité de la croissance économique

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Copyright Reuters (Crédits : Bloomberg)
Le secteur financier et les valeurs cycliques sont les premières victimes du reflux des indices boursiers constaté depuis vendredi.

Un temps rassurés par la solidité financière des entreprises dont les trois quarts ont déjà publié leurs comptes trimestriels de part et d'autre de l'Atlantique, les opérateurs se préoccupent, de nouveau, de l'état du passif des États membres de la zone euro. Et notamment de la capacité des plus fragiles d'entre eux à honorer leurs engagements. Le nouvel abaissement de la note de la Grèce par Fitch, vendredi, et l'avertissement lancé sur celle de l'Italie ce week-end par Standard and Poor's ont jeté un froid sur les marchés d'actions. En deux jours, l'indice Footsie MIB de Milan a décroché de près de 5 %, suivi par le DAX (? 3,2 %) de Francfort, l'Ibex de Madrid (? 2,9 %) et le CAC 40 (? 3 %). Aux États-Unis, le S&P 500 a, dans le même temps, cédé un peu plus de 2 % tandis que le Dow Jones Industrial a baissé dans des proportions quasiment identiques.

Regain de volatilité

Ce reflux généralisé s'est accompagné d'un regain de volatilité, illustré par le retour du VIX, le baromètre de la peur de Wall Street, au-dessus de la barre des 18,5 %. Un degré de nervosité somme toute relatif si on le rapporte à la moyenne historique de l'indice qui se situe plutôt autour des 20 %.

De l'avis de Frédéric Buzaré, responsable de la gestion actions chez Dexia AM, « la façon dont le problème des finances grecques sera résolue pèsera beaucoup dans la balance ». Et d'ajouter : « Les marchés testent la volonté politique des États membres et des banquiers centraux, notamment de la BCE, de parler d'une seule voix. » La résurgence du risque souverain pèse fortement sur le secteur financier qui, au regard de sa forte pondération dans les indices (18 % du CAC 40), pénalise mécaniquement les marchés d'actions. Depuis le 19 mai, la veille de la dégradation de la note de crédit de la Grèce par Fitch, l'industrie bancaire a connu la deuxième plus mauvaise sectorielle de l'indice Stoxx 600 avec un repli supérieur à 2,5 %. À Paris, les mauvais points attribués au Crédit Agricolegricole sur sa situation de bilan (voir ci-dessous) ont alimenté un sentiment de marché négatif. Lundi soir, S&P a aussi placé Dexia sous surveillance négative.

Les craintes se cristallisent désormais sur la solidité de la reprise économique, matérialisée deux semaines plus tôt par de nets dégagements sur les matières premières. « Les investisseurs jouent déjà le coup d'après », estime Frédéric Buzaré. Selon lui, les craintes portent désormais sur « les conséquences des programmes d'austérité budgétaire sur la croissance économique ».

D'ailleurs, « la contraction des multiples de bénéfices (PER), qui avoisinent 10 sur la base des anticipations de bénéfices des entreprises cotées européennes dans un contexte de milieu de cycle, tend à montrer que le marché ne croit pas vraiment à une reprise économique durable ». Fabio Marquetty

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