La fin des achats de dette par la Fed pourrait remettre le dollar en selle face à l'euro

L'euro a amorcé, depuis la fin de la première décade de juin, une dérive quasi ininterrompue face au dollar. Elle pourrait s'intensifier à la fin du QE2 le 30 juin.
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Le couple euro-dollar se cherche, désespérément. Depuis la mi-mars, il évolue, sans vraie tendance, au gré des déclarations et des statistiques, qui font alternativement pencher la balance de l'un vers l'autre. La paire des principales monnaies mondiales a évolué depuis lors dans une fourchette relativement étroite, comprise entre 1,40 et 1,4950, alors qu'au cours des trois premiers mois de l'année, l'euro avait repris l'initiative.

Néanmoins, un événement récent pourrait bien infléchir la tendance en faveur du billet vert. La Réserve fédérale américaine va cesser de faire fonctionner la planche à billets, après avoir acquis 600 milliards de dollars de titres de la dette publique des États-Unis entre le début novembre et la fin juin.

Rebondissements grecs

La monétisation de la dette américaine, via la politique d'assouplissement quantitatif, avait lourdement pesé sur le dollar à partir de sa mise en place à la mi-décembre 2008, de son abondement en mars 2009 et du lancement du QE2, la deuxième phase de la stratégie d'achat d'emprunts d'État, en novembre 2010. Tous les gains engrangés par le dollar après sa chute au plancher historique de 1,6038 pour un euro, le 15 juillet 2008, lorsque les retombées de la faillite de la banque Lehman Brothers avaient restauré son rôle de valeur refuge, allaient se réduire comme peau de chagrin. En un an, la monnaie américaine va fondre de 19 % face à l'euro. Mais en décembre 2009, le déclenchement de la crise de la dette souveraine de la Grèce nourrit une défiance à l'égard de l'euro qui va faire retomber la monnaie unique comme une pierre, de plus de 1,50 dollar à moins de 1,20. Jusqu'à ce que, de Jackson Hole où se tient chaque année à la fin août un symposium de sommités de la finance mondiale, le président de la Fed, Ben Bernanke, dévoile ses projets de lancement d'un QE2, qui s'est concrétisé en novembre dernier. Huit mois plus tard, la sortie du QE2 coïncide certes avec un coup de froid sur l'économie américaine, amplifié par les retombées des catastrophes en série qui se sont abattues sur le Japon en mars, mais aussi avec les nouveaux rebondissements lourds de conséquences de la crise grecque. Au point que les investisseurs ne croient plus au sauvetage d'Athènes et réagissent à la moindre nouvelle négative, convaincus que la Grèce ne pourra pas échapper au défaut de paiement. C'est ainsi qu'en fin de semaine dernière, l'euro est retombé en dessous de 1,42 dollar.

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