La dette américaine monte en première ligne

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L'aversion au risque est montée d'un cran, faisant chuter le dollar à un plancher face au franc suisse et perturbant le marché de la dette américaine.

Une semaine chassant l'autre, le curseur des marchés s'est déplacé de l'Europe vers les Etats-Unis, siège de l'autre tragédie qui secoue la planète financière. Même si le plan géant mis en place par l'Europe pour sauver la Grèce n'a pas définitivement écarté les craintes de contagion de la crise de la dette à d'autres maillons faibles de la zone euro, il lui donne un répit temporaire. D'autant que les agences de notation, si promptes à sanctionner ces derniers temps, ont cette fois pris des gants. Certes, Moody's a attaqué la semaine en abaissant la note souveraine d'Athènes de Caa1 à Ca, soit à deux crans du défaut de paiement, après son homologue Fitch qui, dès vendredi, avait jugé que la Grèce était « temporairement » en situation de défaut partiel, sans toutefois passer à l'acte. Mais c'est maintenant la première puissance économique mondiale qui est sur la sellette.

La nervosité des investisseurs est désormais entretenue par l'enlisement des discussions entre élus démocrates et républicains sur le relèvement du plafond de la dette du Trésor américain, à quelque jours de l'échéance du 2 août, date limite pour trouver un compromis qui écarterait le défaut de paiement. L'arme au pied, les agences de notation pourraient passer de la parole à l'acte avant même cette échéance en dépouillant l'oncle Sam de son prestigieux triple A. Les élus du Congrès ont à nouveau échoué dimanche à trouver un accord, l'aile droite des républicains écartant toute éventualité de hausse des impôts. L'affaiblissement du dollar en ce début de semaine traduit la fébrilité grandissante des investisseurs. Si l'euro, qui se négociait lundi juste en dessous de 1,44, n'a pas retrouvé son niveau de vendredi qui, dans l'euphorie du plan de sauvetage l'avait entraîne jusqu'à 1,4440, les valeurs refuges traditionnelles ont repris leur marche en avant. L'or en a profité pour pulvériser un nouveau record de vigueur, tout comme le franc suisse qui s'est hissé jusqu'à 0,8020, tandis que le yen se rapprochait de son plafond absolu.

Demande à marée basse

Sur le marché obligataire, c'est aussi une semaine cruciale qui s'est ouverte, le Trésor américain s'apprêtant à émettre 99 milliards de dollars de titres à 2, 5 et 7 ans. La demande risque d'être à marée basse, faisant monter les taux des obligations qui évoluent à l'inverse des prix. Contrairement au dollar, fragilisé à intervalles réguliers, les stratèges estiment pourtant que le marché de la dette publique américaine est relativement à l'abri de fortes turbulences, étant donné sa liquidité et sa profondeur, avec un encours de 9.300 milliards de dollars de titres. En revanche, si la défiance s'installait, les actions, les titres hypothécaires et les obligations d'entreprises risqueraient d'être fortement chahutés.

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