La crédibilité de la BCE soutient l'euro sur les marchés de change

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La monnaie européenne a engrangé 1,4 % cette année face à un panier de 9 monnaies établi par Bloomberg, la deuxième meilleure performance derrière le bond de 13 % du franc suisse.

L'euro tient bon. Bien que la crise des finances publiques européennes soit encore loin d'être résolue, la monnaie unique semble s'être solidement installée au-delà du seuil de 1,40 dollar, soit plus de 10 % de plus que sa valeur moyenne sur la décennie écoulée. Dans le sillage de statistiques mitigées de part et d'autre de l'Atlantique, la devise européenne s'est même offert le luxe d'atteindre le seuil de 1,45 dollar ce mardi, avant de revenir vers 1,44 dollar en fin de journée.

Cette vigueur n'est pas exclusive à la parité euro-dollar. Malgré les nombreuses déceptions qui ont fait tanguer la dette des pays « périphériques » depuis janvier- dont les négociations houleuses sur les garanties concédées par la Grèce à la Finlande dans le cadre de l'aide européenne à Athènes (voir page 24) constituent le dernier épisode- la monnaie unique a réalisé l'exploit de progresser face à toutes les grandes monnaies, exception faite du franc suisse. Dopée par l'aversion pour le risque issue du ralentissement de l'économie mondiale, la devise helvète a grimpé de 13% cette année par rapport au panier de neuf devises établi par Bloomberg, surclassant de loin la progression de 1,4 % de la deuxième devise du palmarès : l'euro.

Deux hausses annoncées

Dans un monde où les grandes monnaies sont toutes assorties de taux quasi nuls, la performance de l'euro traduit la volonté de la BCE de normaliser sa politique monétaire. Son président, Jean-Claude Trichet, a annoncé cette année deux hausses de 25 points de base de son taux directeur pour le porter à 1,5%. L'euro rapporte plus et attire naturellement vers lui les capitaux jouant sur les écarts de rémunération des différents marchés monétaires.

Mais au-delà, la crédibilité de l'institution de Francfort rassure. Alors que l'inflation accélère, la Fed, la Banque du Japon et la Banque d'Angleterre n'ont toujours pas relevé leurs taux. Après avoir déjà acheté 2.400 milliards de dollars de titres de dette, la Fed pourrait en outre décider de relancer l'usage de la planche à billets, qui pèse sur la valeur du dollar et fait craindre que l'inflation ne redouble dans le futur.

De son côté, Jean-Claude Trichet n'a eu de cesse de marteler que la crise des finances publiques européennes n'était pas « une crise de l'euro ». Porté récemment à 110 milliards d'euros, le programme d'achat d'obligations « périphériques » (SMP) de la BCE a pour l'instant circonscrit les tensions sur les dettes italienne et espagnole. Et en bonne gestionnaire, la BCE a ponctionné ce mardi 110 milliards d'euros sur le marché interbancaire pour éviter que le SMP nourrisse l'inflation.

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