La Chine prête à aider... mais pas sans contrepartie

 |   |  487  mots
Copyright Reuters
.

L'Europe peut continuer à compter sur l'aide de la Chine... mais sous conditions. Deux jours après la confirmation que Pékin est bien en pourparlers avec l'Italie sur l'achat d'obligations alors que la crise de la dette menace de s'étendre au système bancaire européen, le Premier ministre chinois, Wen Jiabao, a réitéré sa confiance en l'euro répétant que son pays continuera à investir sur le Vieux Continent. « L'Europe vaincra la crise actuelle et la Chine est prête à y poursuivre ses investissements », a-t-il assuré lors de son discours d'ouverture de la session d'été du World Economic Forum qui se tient cette année à Dalian. Cependant, il a ajouté avoir récemment demandé à José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, la reconnaissance de la Chine comme « économie de marché », un statut qui élargirait l'accès des produits chinois au marché européen. « Cela montrerait la sincérité de l'Europe. Nous espérons avancer sur ce point lors du prochain sommet sino-européen, dans un mois », a-t-il expliqué.

Question de fond

L'obtention d'un tel statut est pour la Chine autant une question de forme que de fond. Elle fait partie avec la levée de l'embargo sur l'armement des deux grandes exigences de Pékin à l'égard de l'Europe. De son côté, cette dernière s'est toujours opposée à concéder ce statut tant que l'État chinois reste ra aux commandes des grandes entreprises du pays.

Toutefois, la crise financière a fait pencher la balance en faveur de la Chine. Elle a racheté de la dette grecque, portugaise et s'apprête à le faire pour l'Italie. Quelque 25 % de ses réserves sont désormais libellés en euros. Mais, si officiellement Pékin maintient sa confiance dans la monnaie européenne, le Premier ministre n'a pas manqué mercredi de rappeler l'Europe à l'ordre en lui demandant de « faire le ménage chez elle ». Selon plusieurs analystes, la confiance sans faille affichée dans la zone euro en 2008 laisse place désormais à plus de scepticisme. Nicolas Sarkozy en visite à la fin du mois d'août pour parler du G20 a dû s'expliquer longuement sur le plan de sauvetage voté en juillet pour rassurer les autorités à Pékin. Les inquiétudes de la Chine portent sur la propagation de la crise au système bancaire et les retombées sur son économie étroitement dépendante des exportations. Si pour l'instant la Chine semble épargnée par les turbulences en Europe et aux États-Unis, elle sait qu'à terme elle reste exposée. Zhu Min, directeur adjoint du FMI, a rappelé au Forum « qu'il n'y a plus de temps pour discuter. L'Europe doit agir aujourd'hui ». La semaine prochaine, en marge de la réunion annuelle du FMI, un sommet des « Brics » se tiendra à Washington. Pékin devrait y proposer un plan global pour accroître leurs achats de dette en euros.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :