La Banque d'Angleterre relance la planche à billets, la livre sterling trébuche

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L'institution achètera 75 milliards de livres de titres d'État entre octobre et janvier. La monnaie britannique, elle, a chuté jusqu'à 1,5270 dollar.

La livre sterling a dévissé ce jeudi dans le sillage de la décision de la Banque d'Angleterre (BoE) de relancer son programme « d'assouplissement quantitatif ». Alors que l'austérité s'abat sur une économie britannique qui continue à ralentir dangereusement, la vieille Dame n'a eu d'autre choix que d'annoncer une rallonge de 75 milliards de livres de son programme d'achat d'obligations d'État et d'entreprises, pour le porter à 275 milliards.

Dans le sillage de l'annonce de cette remise en route de la « planche à billets » - les dizaines de milliards de livres injectés dans le circuit financier sont créés par la BoE -, la monnaie britannique a chuté jusqu'à 1,5270 dollar, la plus faible parité observée face au billet vert depuis la fin juillet 2010. Malmené par la crise des finances publiques en Europe, l'euro a malgré tout rebondi pour se hisser jusqu'à 0,8734 livre pour un euro, son plus haut niveau depuis le 28 septembre. Dans le détail, les achats d'actifs seront réalisés entre octobre et janvier et concerneront à part égale des obligations d'État de maturité 3-10 ans (chaque lundi), 10-25 ans (chaque mardi) et supérieure à 25 ans (chaque mercredi).

La reprise « menacée »

Fervent partisan, jusque-là esseulé, de la reprise du programme « d'assouplissement quantitatif », Adam Posen aura donc réussi à imposer ses vues à une majorité du Comité de politique monétaire de la BoE.

Lancé en mars 2009 afin de maintenir de faibles taux d'intérêts et soutenir l'activité, puis gelé en février 2010, ce programme suscitait en effet encore des divisions cet été. Afin de justifier de sa décision auprès du ministre des Finances, George Osborne, le gouverneur de la BoE, Mervyn King, a certes souligné dans une lettre que les « tensions au sein de l'économie mondiale menacent la reprise britannique ». En creux, il s'agissait surtout d'assurer que la conjoncture empêchera l'inflation, qui culmine déjà à plus du double de l'objectif annuel de 2 % de la BoE, de s'éterniser à des niveaux aussi élevés.

Dans ce contexte, les intervenants scruteront avec intérêt les prochaines « minutes » du Comité, qui dévoileront, le 19 octobre prochain, l'exacte teneur des discussions entre les Sages. Fait presque anecdotique dans la conjoncture actuelle, le Comité de politique monétaire a sans surprise maintenu ce jeudi, comme depuis mars 2009, le taux directeur de la BoE à un plus bas record de 0,5 %.

 

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