La baisse des taux de la BCE accroît la prime de risque sur l'euro face au dollar

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Une poursuite de la détente monétaire pourrait faire tomber l'euro à 1,30 dollar.

Bravo Signor Draghi, s'exclament les économistes de Royal Bank of Scotland. Draghi l'Américain ? s'interroge Gilles Moec de la Deutsche Bank, tandis que Barclays Capital surnomme le nouveau président de la Banque centrale européenne « M. Drichet ». Tous, en tous cas, saluent la marche arrière toute effectuée par Super Mario sur les taux directeurs de la BCE deux jours après son intronisation, tout en se demandant quel sera le prochain geste de celui qui prédit une « récession douce ».

Un sondage de l'agence Reuters réalisé auprès de 51 économistes, juste après la baisse des taux qui les a pris par surprise pour la plupart, indique qu'il y a une chance sur deux pour que la banque centrale de Francfort récidive lors de sa réunion du 8 décembre. 25 d'entre eux pronostiquent un nouvel assouplissement monétaire d'un quart de point le mois prochain, qui ramènerait le principal taux directeur de la BCE à 1 %, le plancher historique que Jean-Claude Trichet lui avait fait quitter en avril en entamant un cycle de normalisation des conditions de crédit. Vingt-quatre autres prédisent une nouvelle détente des taux au premier trimestre 2012, et ils ne sont que deux à tabler sur un statu quo prolongé.

Divine surprise

Bien évidement tout va dépendre de l'évolution de la conjoncture dans la zone euro. Dès vendredi, Jürgen Stark, chef économiste démissionnaire de la BCE, a annoncé une croissance zéro pour le quatrième trimestre, que semble corroborer l'indice composite d'activité du secteur privé, le PMI, qui a reculé plus que prévu en octobre, pour s'établir à 46,5 contre 49,1 en septembre. Depuis deux mois donc et pour la première fois depuis deux ans, l'indice est tombé sous la barre de 50, la ligne de démarcation entre progression et contraction de l'activité. L'Europe des Dix-sept s'acheminerait ainsi vers un rythme d'activité nettement inférieur à celui des Etats-Unis, où - ce fut la divine surprise de vendredi - le taux de chômage s'est contracté à 9 % de la population active en octobre, contre 9,1% un mois plus tôt, malgré des créations d'emplois décevantes de seulement 80.000 nouveaux postes de travail.

L'euro, résistant pour l'instant, risque donc à terme de faire doublement les frais du coup de froid économique et de la baisse amorcée depuis jeudi de ses rendements qui pourrait en être la conséquence. Les soubresauts de l'Europe en crise lui ont déjà valu de retomber d'un point haut de plus de 1,42 dollar fin octobre à tout juste 1,37 en fin de semaine dernière. Les stratèges de Barclays Capital estiment que la prime de risque sur l'euro par rapport au dollar s'est, de ce fait, accrue et le voient dériver au moins jusqu'à 1,30 d'ici à la fin de l'année.

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