Notation des banques : Standard and Poor's revoit sa copie

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L'agence révise ses critères de notation des banques. Elle pourrait dégrader jusqu'à 20 % des plus grandes banques mondiales d'ici trois semaines.

Vendredi, trois jours après la présentation du projet de régulation des agences de notation par le commissaire européen Michel Barnier, S&P a voulu jouer les bons élèves. Et se protéger de critiques similaires à celles de 2008, qui accusaient les agences de n'avoir pas alerté sur des défaillances comme celle de Lehman Brothers.
L'agence a ainsi annoncé la refonte de sa méthodologie de notation des banques. Une révision lourde de conséquences, puisque d'ici trois semaines, les notes de crédit des 30 plus grandes banques du monde seront revues en fonction de cette nouvelle grille d'analyse, et donc éventuellement dégradées. S&P estime que 60 % des notations actuelles resteront inchangées, 20 % relevées d'un cran, 15 % abaissées d'un cran et que moins de 5 % dépréciées de deux crans ou plus, selon Reuters.
Lors d'une conférence de presse, l'agence a précisé qu'elle prendrait désormais l'environnement macro-économique comme base de la note d'une banque. Et l'analyse de ses fonds propres, notamment de l'utilisation ou non des bénéfices pour les alimenter, sera affinée.
Pour l'instant, l'agence ne cible aucun établissement en particulier, mais de nombreuses banques européennes sont déjà dans son viseur.
Les banques françaises ne sont pas plus à l'abri que leurs voisines. S&P avait abaissé la note à long terme de BNP Paribas mi-octobre et déclaré à cette occasion que « les profils de financement et de liquidités des cinq banques [BNP Paribas, BPCE, Crédit Agricolegricole, Crédit Mutuel, Société Générale] sont plus vulnérables que nous le pensions ».
À la même période, S&P a aussi dégradé la note de crédit de dix banques espagnoles, dont celles de Santander et BBVA.
Les banques italiennes n'ont pas non plus échappé à ses foudres : la note de 24 d'entre elles a été revue à la baisse le 18 octobre. En septembre, S&P avait déjà déprécié la note de crédit de cinq d'entre elles et passé huit autres sous perspective négative. « Les perspectives négatives sur les notes à long terme des quinze banques reflètent la possibilité que nous pourrions abaisser encore leurs notes si [...] nous devions abaisser une nouvelle fois la note de l'Italie », avait alors précisé l'agence.
Les banques allemandes commencent aussi à vaciller. Selon Reuters, elles auraient besoin de fonds propres supérieurs aux 5.2 milliards d'euros estimés il y a deux semaines par l'Autorité bancaire européenne. L'agence Moody's a d'ailleurs dégradé mercredi dernier la note de dix banques publiques régionales allemandes.
 

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