Le coronavirus a déclenché une crise boursière plus violente que celle des "subprimes" de 2007
Jean-Philippe Déjean

Les marchés sont emportés eux aussi par un choc psychologique de très forte magnitude.
CC Pixabay by Gerd Altmann
Jean-Philippe Déjean

Les marchés sont emportés eux aussi par un choc psychologique de très forte magnitude.
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Le PDG de la société financière bordelaise éponyme estime que la frénésie d'achat des consommateurs dans les hyper et supermarchés est de même nature que la panique qui a saisi les négociants sur le marché boursier. "Cela fait penser à une prophétie autoréalisatrice", diagnostique-t-il. Un syndrome psychologique généré par la peur qui pousse les gens à faire exactement ce qu'il faut pour que la catastrophe qui les angoisse finisse par arriver.
Ainsi, dans le cadre d'une prophétie autoréalisatrice, les consommateurs seraient moins motivés par la nécessité de couvrir leurs positions, en accumulant des stocks de marchandises sans rapport avec leurs besoins réels, que par la nécessité de hâter la survenue d'une catastrophe qu'ils jugent inconsciemment inévitable. Un comportement masochiste qui se retrouverait aussi - d'une manière inversée - chez les traders. Ces derniers feraient ainsi exactement la même chose en vendant à découvert et à toute vitesse afin de perdre le moins possible, générant ainsi une chute des valeurs cotées de plus en plus étendue et rapide.
A cause d'un contexte imprévisible où plus aucune analyse prédictive ne fonctionne. Cette incertitude massive et impossible à réduire par des calculs probabilistes devenant l'amorce évidente pour tous les opérateurs d'un krach boursier. La question qui hante désormais tous les analystes est de savoir ce que pèse la crise financière actuelle par rapport à celles de 1987 et de 2007. Sachant que la crise n'est pas, ce coup-ci, venue des marchés financiers avant de toucher l'économie réelle, mais au contraire d'un choc économique violent, qui a très vite frappé les marchés.
La réaction politique est au rendez-vous, comme l'a démontré Emmanuel Macron, en annonçant un gigantesque plan financier de soutien aux entreprises mais aussi la non application de la réforme de l'assurance chômage qui devait démarrer au 1e avril prochain. Un virage incontournable pour éviter un choc systémique dévastateur juge Axel Champeil, qui soulève néanmoins quelques questions.
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Le risque serait que trop de faillites concentrées dans un temps trop court n'entrainent une crise bancaire. Mais comme l'Etat s'est engagé à être volontariste, ce détonateur ne devrait pas pouvoir se déclencher. Si, comme l'anticipent les spécialistes, la crise sanitaire ne dure pas plus de huit semaines, Axel Champeil estime alors que le plus dur sera passé et que l'économie et la bourse repartiront du bon pied.
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