Cinéma : c’est avec de « vieux films » qu’on fait les meilleurs étés
Aurélien Cabrol
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« Partie de campagne » (1936-1946) de Jean Renoir.
© LTD / Pantheon Productions / Collection ChristopheL / AFP)
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« Partie de campagne » (1936-1946) de Jean Renoir.
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Les « vieux films » : Bertrand Tavernier, avec sa verve et son bon sens, détestait absolument ce terme, refusant de jeter aux oubliettes les films du patrimoine. L'été qui vient risque de lui donner une nouvelle fois raison tant les reprises réjouiront aussi bien le grand public que les cinéphiles. Et le ton sera donné dès le 10 juillet avec la sortie de la version originale du Napoléon d'Abel Gance, soit en deux parties les sept heures de la version intégrale jamais plus projetée depuis 1927. Un film monstre, un film fleuve, avec l'acteur Albert Dieudonné tellement investi dans le rôle-titre qu'il finit par se prendre pour l'Empereur lui-même. Cette version restaurée, et pour laquelle une bande originale a été composée, impose sa force et sa singularité : jamais peut-être le cinéma n'a été aussi loin.
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Ce film muet en noir et blanc (mais pas toujours !) bouscule nos certitudes de spectateur avec des effets spéciaux qui valent bien ceux de l'usine à rêves hollywoodienne. Cette même semaine ressort sur les écrans un autre film en noir et blanc, Partie de campagne. Signé cette fois Jean Renoir, il ne dure, lui, que quarante petites minutes. Que pèsent-elles face au mastodonte biographique de Gance ? Rien et tout à la fois. Elles sont la preuve qu'un génie du cinéma peut faire court, tout en allant simplement à l'essentiel. Réalisée durant l'été de 1936, cette adaptation d'une nouvelle de Guy de Maupassant ne sortit finalement sur les écrans qu'en 1946, notamment pour des raisons de montage financier.
Aurélien Cabrol
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