La France compte environ 50.000 entreprises familiales. Cotées ou non, elles sont présentes dans tous les secteurs. Cette semaine, découvrez l'épopée de la maison de champagne Roederer.
Pour ses 250 ans, célébrés le 25 juin lors d’une grande fête organisée au cœur du siège familial de Reims, capitale de la Champagne, la maison Roederer a reçu un cadeau inattendu. À 65 mètres de profondeur, au large de la Finlande, des plongeurs ont en effet récemment exhumé les vestiges du Heinrich, un navire ayant sombré en 1861 en mer Baltique, lors de son périple vers Moscou et la cour du tsar Alexandre II.
Dans ses cales, ramenée à la surface par des plongeurs spécialisés, une cargaison de bouteilles de Carte Blanche attendait depuis plus de 160 ans. Pour Frédéric Rouzaud, l’actuel dirigeant de la maison, cette découverte inattendue est un joli clin d’œil au passé impérial de Roederer : « Cela se goûte encore ! » s’enthousiasme-t-il en évoquant la dégustation de ces vins remontés des abysses.
Malgré l’absence d’effervescence, le vin, dosé à l’époque à 110 grammes de sucre par litre pour se conformer aux préférences gustatives russes, révèle des notes de safran et de bois exotiques. «C’est le vin blanc qui vieillit le mieux », ajoute-t-il, soulignant que cette longévité prouve la robustesse de ses terroirs.
Cette relation privilégiée avec la Russie a donné naissance, en 1876, à la cuvée Cristal (les bouteilles ayant été fabriquées en cristal de Baccarat) devenue en près de deux siècles l’un des champagnes les plus prisés – et l’un des plus chers – du monde.
Vendanges d'autrefois chez Louis Roederer. (Crédits : LTD/Louis Roederer)