Comment réussir son repas de Noël ?
François Simon
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Un enfant devant une bûche de Noël
© ARNAUD DUMONTIER/LE PARISIEN/MAXPPP
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Un enfant devant une bûche de Noël
© ARNAUD DUMONTIER/LE PARISIEN/MAXPPP
Chaque année c'est la même chose, le calendrier a beau vous faire des signes dès le mois d'octobre, le sapin être en warning, à chaque fois vous découvrez au dernier moment l'iceberg vers lequel fonce tout droit le Titanic : le 24, sorry, c'est ce soir !
1) ARRÊTEZ D'OBÉIR. Certes de partout ça tombe comme à Gravelotte (OK boomer !) : « faites ceci » (la dinde, tu parles, étouffe-chrétien), « faites pas ça » (le champagne glacé, rien de meilleur), les chocolats du grand maître, le foie gras de la grande maîtresse... À un moment, une petite voix intérieure devrait vous hurler : « ÇA SUFFIT ! » Il est grand temps de réagir. Ce n'est pas compliqué. Enclenchez la marche arrière, coude sur le dossier du fauteuil, nous allons vous sortir de ce fichu guêpier.
2) DEMANDEZ CE QUI FAIT PLAISIR. Pour une fois, renversez la tyrannie, faites parler le peuple. Que veulent les chérubins, les grands-parents, les recomposés ? Faites un sondage, vous serez étonné. De la truite saumonée des Pyrénées, ah bon ? ! Des nuggets de poulet, ah ouais ? ! De la pintade rôtie, yummy! De la mousse au chocolat, OK. Vous verrez un étrange paysage se dresser loin des clichés balancés de partout. Vous allez constituer une république libre, indépendante, avec un énorme hold-up de tout ce qui se fait de mieux dans la tête de vos bien-aimés.
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3) ARRÊTEZ DE MASSACRER LA TABLÉE. Certes, il y a en chacun de nous une mère juive qui sommeille. On voudrait tout donner, comme les chefs des grands restaurants qui vident leur frigo sur la table. Montrer qu'on en a sous le pied, dans la cave, au grenier. Des flacons, des conserves de foie gras, des boules dans le sapin, des huîtres par tonnes comme si la mer s'était soudainement retirée. Ça suffit, le 24 décembre, ce n'est pas la fin du monde, et Nostradamus ne vient pas dîner chez vous ce soir. Pensez doucement à ceux que vous aimez tant. Par exemple : discrétos, bouillon délicieux pour ouvrir l'appétit, amadouer l'estomac. Présentez-le comme un shot dans un verre à vodka, les ados vont en redemander. Ce peut être un bouillon de fruits de mer, de volaille : un truc tout doux, enveloppant avant les embardées à venir. Il y a dans le déroulement des réveillons comme une étrange rédemption. C'est comme si, par une soudaine culpabilité, une violente générosité, le maître ou la maîtresse de cérémonie essayait de rattraper une année de modération et de sagesse. Le réveillon, ce n'est pas un stand de tir.
François Simon