Hommage : Alain Delon, l’art de mourir « vrai »
Aurélien Cabrol
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Dans « Deux Hommes dans la ville », de José Giovanni (1973).
© LTD / NANA PRODUCTIONS/SIPA
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Mourir à 14 ans, même « pour de faux », même au cinéma, ce n'est ni facile ni banal. C'est pourtant à cet âge-là que le tout jeune Alain Delon a tourné pour la première fois dans un film, un film d'amateur, intitulé Le Rapt et réalisé par Olivier Bourguignon, un ami de son père. En vingt-deux secondes chrono, on le voit dans la peau d'un personnage vêtu d'un imper et qui meurt à la fin : pas de doute, c'est le futur Samouraï, il ne manque plus que le légendaire chapeau ! Jean-Pierre Melville n'a sans doute jamais vu ce tout petit film, mais l'antériorité et du personnage en imper et de la mort en direct aurait pu le faire sourire... Certes, quelques années s'écouleront encore avant que Delon ne devienne un acteur à part entière, mais cette entrée dans la carrière annonce bien des choses et bien des rôles. De 1949 à 2009, Delon a tourné dans plus de 80 films et il est mort 24 fois à l'écran. Qui dit mieux ?
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Pourtant, quand en 1959 René Clément lui propose de tenir la vedette aux côtés de Maurice Ronet et Marie Laforêt dans son film Plein Soleil, l'acteur passe une tumultueuse soirée à convaincre réalisateur et producteurs de lui confier le rôle de l'assassin, Tom Ripley, et non celui de sa victime, Philippe Greenleaf, comme ils avaient prévu de le faire. Pour ce rôle qui l'a propulsé en pleine lumière, Delon a donc refusé de mourir sur grand écran. Mais, cinq ans plus tard, pour son premier film américain, le méconnu Les Tueurs de San Francisco, de Ralph Nelson, l'acteur finit par mourir sous les balles d'un policier trop zélé, préfiguration du sort qui l'attend dans Le Samouraï puis dans Le Cercle rouge, tous deux de Jean-Pierre Melville que Delon considérait, avec Clément et Visconti, comme son maître. Désormais, l'acteur mourra régulièrement sous les yeux des spectateurs, la plupart du temps de mort très violente, sous les balles en général de la police ou de ses ennemis.
Aurélien Cabrol
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