Rentrée littéraire : « La Terrasse », ce sentiment de l'été
Juliette Einhorn
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Sous sa treille romanesque, Christine Montalbetti abrite un petit monde véloce et foisonnant: les clients d'un hôtel portugais, que dans La Terrasse, son vingtième livre, elle fait vibrionner entre un figuier et une fresque d'azulejos sous les yeux de son narrateur, placé un peu en retrait, dans une position idéale d'observateur. Promenant son « œil caméra » autour de lui, il laisse ses pensées ricocher pour nous faire toucher du doigt le « froissement des possibles » autant de secrets ambulants qui se nouent et se dénouent entre les êtres dans « l'atmosphère presque utopique des vacances ».
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S'installe, entre eux et lui, un dialogue muet, une perfusion à double sens : il ressent ce qui les traverse, mais leur envoie aussi des ondes. Des bribes de sa présence. Tentant de percer la bulle qui flotte autour de chaque table, il épie le ballet des allées et venues, le tricot mêlé des conversations, pour saisir les vérités multiples, fragiles et contradictoires de ces estivants à la naissance de leur journée. Ce très jeune couple qui « fend le cœur » rien qu'à le regarder; cet homme qui lit une tablette sans parler à la femme qui l'accompagne, cette femme en robe céladon, au « désabusement presque féroce », un couple très blond qui parle une langue inconnue, qui sont-ils ? Dans ce roman-échafaudage se plie et se déplie un chapelet d'hypothèses comme dans un scénario à l'envers où un personnage aurait droit, brusquement, au contresens, à la bifurcation.
Juliette Einhorn
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