A l'Est, un peu de nouveau
Jérôme Stern
Jérôme Stern
Avec ses harems colorés, caravansérails géants, souks animés, batailles acharnées, paysages désertiques, porteuses d'eau voilées, marchés aux chameaux poussiéreux et autres scènes de villages au soleil couchant, la peinture orientaliste est un secteur à part dans le marché de l'art. Sa «grande» période va de la colonisation à la la seconde guerre mondiale, nombre d'artistes occidentaux ayant voulu connaître sur place les charmes d'un monde alors peu connu pour y décrire une vie considérée comme exotique, un culte entretenu par les aventuriers, les militaires, les colons.
La plupart des tableaux représentent des scènes locales, jouant souvent avec la lumière particulière au Maghreb, sortes de cartes postales que l'on accrochait dans son salon. Plusieurs signatures se distinguent, Gérome, Dinet, Huysmans, Ernst, Fromentin, Rosati, Marquet, Ziem, Majorelle, pour lesquelles les acheteurs sont prêts à signer des chèques quasi millionnaires. Longtemps, les collectionneurs, acharnés, étaient d'anciens résidents en Algérie ou au Maroc, nostalgiques d'une époque passée. Aujourd'hui, le marché , alimenté par les familles de ces rapatriés, reste soutenu grâce à nombre de princes arabes qui en ce moment se constituent une collection dédiée, voire créent des musées.
Parallèlement, les oeuvres orientalistes moins cotées trouvent toujours des amateurs, les vacations faisant à chaque séance le plein d'enchérisseurs. Plusieurs ventes sont ainsi organisées chaque année à Drouot, Paris restant la capitale de ce style pictural très marqué.
La société Massol procède ainsi à la vente de 118 oeuvres orientalistes. Si l'on trouve en vedette deux pastels et une détrempe de Jacques Majorelle (de 50 à 200.000 euros), une huile d'Albert Lebourg (30.000 euros) ou un grand panneau de Kazimierz Alchimowicz (35.000 euros), la plupart des lots ne devraient pas dépasser les 5.000 euros, souvent moins. A signaler quelques signatures contemporaines: un «nu» de Mohamed Bouzid (2.000 euros), une tempera sur toile d'Arnaud d'Aunay (5.000 euros), deux paysages de Martin Lindeau (2 à 3.000 euros), un bronze d'Evariste Jonchère (4.000 euros). La vacation débute par une une vingtaine de dessins au fusain d'André Maire (de 300 à 2.000 euros).
Le 29 octobre, Drouot Richelieu, 14 heures, salle 2, renseignements : massol-sa-com
Jérôme Stern