Réforme du crowdfunding en France : ne confond-on pas entreprise et jeux de hasard ?
Par Louis Leullieux et Richard Vincent, les fondateurs de www.axiona-startup.com
Par Louis Leullieux et Richard Vincent, les fondateurs de www.axiona-startup.com
Sur les 4 formes de crowdfunding, seuls les prêts et les titres financiers sont concernés par la réforme voulue par le gouvernement
L'entreprise française qui recourt au crowdfunding pourra récolter jusqu'à un million € de prêt à la condition de séduire au moins 1 000 particuliers, un même individu ne pouvant pas prêter plus de 1 000 € à l'entreprise qu'il souhaite financer. Pourquoi plafonner à 1 million € l'entreprise qui emprunte et à 1 000 € le particulier qui prête ? Sont évoqués le risque pour le particulier et le possible blanchiment d'argent ?
1/ En quoi un particulier qui décide de prêter à une entreprise et d'investir dans l'économie réelle est il plus en risque que lorsqu'il place son argent dans des fonds de fonds dont plus personne ne maîtrise le contenu ?
2/ Le législateur veut « protéger » l'épargnant. Mais qu'en est-il lorsqu'il s'agit de jeux d'argent ?
Pourquoi un salarié est-il autorisé, le jour même de sa « paie » à la risquer au PMU ou à l' l'EuroMillions ? Menant des campagnes publicitaires agressives, l'Etat encourage tous les excès. Pourquoi le même individu pas n'a-t-il pas le choix de prêter plus de 1 000 € à l'entreprise qu'il souhaite financer ? Ainsi, le particulier qui traite avec l'Etat est « parieur responsable » alors que lorsqu'il investit dans l'économie réelle, il devient « investisseur irresponsable » ? …
3/ Pour les particuliers capables d'investir davantage, devrons-nous nous résigner à ce qu'ils aillent financer des entreprises étrangères et créer de l'emploi et de la richesse hors de France ? A contrario, pourquoi se priver de la manne financière des investisseurs étrangers intéressés à soutenir les entreprises hexagonales ?
4/ en ce qui concerne le risque de blanchiment d'argent :
Les frontières financières ont disparu depuis longtemps et l'on continue de faire comme si la France était un îlot de prospérité non confronté à la mondialisation.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Arrêtons de sortir l'épouvantail « entreprise = risque » et de nous réfugier derrière l'Etat protecteur, bienfaiteur, providence ! Qui crée l'emploi ? Qui crée la richesse ? Qui crée la croissance et … qui la consomme ? Libérons les énergies, allégeons les contraintes, levons les barrières : faisons confiance aux entrepreneurs et aux investisseurs et encourageons tout ce qui peut contribuer à créer emploi, croissance et richesse.
Une opération de crowdfunding d'envergure européenne : 10 millions € a été lancée avant la réforme. Objectif : financer le développement d'un constructeur français de véhicules électriques, créer sous 2 à 3 ans près de 200 emplois et fournir du travail à de nombreux sous-traitants locaux. En quoi brider demain à 1 million € le financement d'un tel projet aurait-il du sens si le besoin réel est de 10 millions € ?
À lire également
Les besoins des sociétés innovantes se limitent rarement à un million €.
Moins financer reviendrait à moins innover, moins embaucher, moins investir, moins exporter et favoriser la concurrence étrangère. Les porteurs de la réforme du crowdfunding ne peuvent rester insensibles à ce qu'est en France, la dure réalité de l'entreprise.
Par Louis Leullieux et Richard Vincent, les fondateurs de www.axiona-startup.com