Axel Kahn : "Covid-19 : un immense défi éthique"

Denis Lafay
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Axel Kahn
Hamilton/Rea

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Axel Kahn
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La Tribune : L'époque, inféodée aux fantasmes du progrès technologique, a porté à son paroxysme les principes de maîtrise, d'anticipation, et même d'éradication du mal, au risque d'une aseptisation de la société et d'une rétraction des libertés - de plus en plus assumées. L'ennemi "toléré" doit être visible, cernable, et suffisamment vulnérable pour être "neutralisé". L'humanité semble avoir oublié que le virus, aux propriétés inverses, est partie prenante de la vie.
Axel Kahn : Une vie sans virus est impossible, les virus en sont l'une des manifestations essentielles. Des éléments génétiques, des "aliens" en chacun d'entre nous et dans toute cellule vivante, dont "l'égoïsme" est poussé à son extrême. Pour un virus, une seule exigence, se perpétuer et disséminer. En bonne intelligence avec son hôte, tels Sars-Cov-1 et Cov-2 avec les chauves-souris, le VIH avec certains singes de l'ancien monde. Ces êtres vivants ont eu le temps de s'adapter au virus, ils le produisent sans périr, "tout le monde est content". Si cela se trouve, ces bêtes en tirent même un avantage. Mais, patatras, le virus se trouve infecter par hasard, directement ou via un hôte intermédiaire, une autre bête, un humain, que la sélection n'a nullement préparé au fil des centaines ou milliers d'années - souvent beaucoup plus - à vivre en bonne intelligence avec le virus parasite. Ce dernier fait la seule chose qu'il sache faire, infecter des cellules pour se multiplier. Cela finit par tuer les cellules, peu importe pour le virus, il a prospéré et multiplié. Parfois même cela tue aussi l'organisme entier, la personne malade (Ebola, fièvre de Lhassa, etc.) Là encore peu importe si le virus a eu le temps nécessaire à sa fabrication par les cellules avant la mort de l'animal, de l'humain. Et qu'il reste des vivants à infecter. Il arrive souvent que l'organisme infecté réponde à l'agression en synthétisant des anticorps aptes à neutraliser l'agent infectieux. La maladie guérira, c'est le cas habituel des maladies infantiles (rougeole, varicelle...) et de Sras-CoV-2. Sinon, la maladie ne guérira pas, elle sera chronique en finissant ou non par emporter l'hôte (Sida).
Denis Lafay
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