Surtaxes sur l'hôtellerie : arrêtez le massacre
Par Laurent DUC, Président de la branche hôtellerie de l’UMIH
Par Laurent DUC, Président de la branche hôtellerie de l’UMIH
Enfin, l'industrie touristique, et son poids dans l'économie, était reconnue à sa juste valeur : 220 000 entreprises non-délocalisables présentes sur tout le territoire, 2 millions d'emplois direct et indirects et plus de 7% du PIB de la France. Mieux, c'est un des seuls secteurs dont la contribution à la balance commerciale est positive à hauteur de 12 milliards d'euros.
Hélas, la taxe-mania singulière à la France a été jusqu'à présent la plus forte. Moins d'une semaine plus, tard, l'Assemblée nationale a adopté, en catimini, sans concertation avec les professionnels, sans étude d'impact, deux dispositions qui vont surtaxer lourdement l'hébergement touristique français et avoir des conséquences graves pour nos établissements ET pour nos clients :
• Un amendement visant à relever le plafond des tarifs applicables à la taxe de séjour à 8 euros par nuitée et par personne (contre 1,50 € actuellement), soit une augmentation de 433%.
• Un amendement visant à instaurer une taxe supplémentaire régionale en Ile-de-France de 2€ par nuitée et par personne.
L'impact de la première mesure peut être évalué entre 330 et 865 millions. Le produit de la seconde est estimé à 140 millions d'euros. Soit un total compris entre 470 millions et un peu plus d'un milliard d'euros chaque année. Qui a parlé de « pause fiscale » ?
Ce n'est ni aux hôteliers, ni aux Français, et encore moins aux visiteurs internationaux de venir pallier les manquements de l'Etat et de collectivités, ou de financer les transports. Ces deux surtaxes vont tuer nos entreprises alors que l'alourdissement de la fiscalité de ces dernières années a été particulièrement sensible pour nos entreprises (doublement de la TVA, taux d'augmentation moyen annuel de la fiscalité locale entre 2 et 15%). Nos entreprises se trouvent déjà confrontées à des capacités de maintien de l'emploi qui s'affaiblissent, des rénovations qui se raréfient, et des capacités d'investissement qui ont beaucoup diminuées.
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Ces deux surtaxes vont fragiliser le pouvoir d'achat de nos clients, français et internationaux, loisirs ou affaires. Et pour l'Ile-de-France, c'est la double peine, car plus de la moitié des touristes en Ile-de-France sont Français (18,2 millions de touristes français, 61 millions nuitées contre 14,3 millions de touristes internationaux représentant 36 millions de nuitées).
On voudrait faire croire, en la comparant ex-nihilo avec nos voisins européens, que la taxe de séjour en France est ridiculement basse. Mais comparons ce qui est comparable. La France est le pays où la part des cotisations patronales est la plus forte, où la TVA est à 10%. A Genève, la taxe de séjour est à 2,30€ mais la TVA à 3,8%...A Londres, la taxe de séjour n'existe pas, et la TVA est à 20%, à Barcelone la taxe d'un 4 étoiles est de 1.12 euros ...
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Nous demandons au Gouvernement et aux parlementaires une seule chose : le retrait de ces deux mesures, qui sont dangereuses pour nos entreprises, nos salariés, nos clients. Il en va de l'avenir du tourisme en France. Surtaxer tue la compétitivité de nos entreprises et de facto la destination France !
Par Laurent DUC, Président de la branche hôtellerie de l’UMIH
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