Le recrutement prédictif, une arme contre la discrimination à l'emploi
David Bernard
David Bernard
Lors de son passage au CES de Las Vegas en décembre dernier, Emmanuel Macron saluait le modèle de l'entrepreneuriat individuel proposé par Uber. Selon lui, ce modèle constitue un formidable tremplin vers l'emploi, notamment pour celles et ceux - souvent issus de l'immigration - qui n'ont parfois même pas la chance d'arriver jusqu'au bureau des recruteurs.
S'il est indéniable que le modèle Uber peut être considéré comme un véritable vecteur d'opportunités pour ces jeunes, il ne doit pas pour autant éclipser le fait qu'il existe un réel sujet en France en matière de discrimination à l'embauche.
Bien qu'à ce jour, le législateur ait établi une liste de 20 critères dont l'utilisation est formellement interdite lorsqu'il s'agit de procéder à un recrutement (âge, sexe, origine, adresse...), rien n'est en revanche précisé quant aux facteurs à prendre en compte pour sélectionner les personnes de manière objective et efficace.
Quels sont les facteurs de discrimination à l'heure actuelle ? Et comment y remédier ?
Lorsqu'une population tend à souffrir d'un moindre accès à l'emploi, ceci est potentiellement imputable à plusieurs types de facteurs :
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Par conséquent, certaines catégories de personnes ont statistiquement moins de probabilités de décrocher certains emplois, voire un emploi tout court. Il serait possible de dire que cela tient de la fatalité. Or, ce phénomène finit par avoir des conséquences désastreuses :
Certaines solutions permettent un recensement plus équitable en s'appuyant uniquement sur les facteurs dont le lien avec la performance ultérieure (dans le poste pour lequel on recrute) a été établi. Pour les candidats, c'est l'assurance d'être (enfin) sélectionnés sur la base de critères objectifs. Pour les recruteurs, c'est un moyen pour recruter plus efficacement.
Et dans la plupart des cas, ces critères sont bien éloignés de ceux qu'utilisent traditionnellement les recruteurs, comme la formation d'origine ou encore les trois années d'expériences requises pour prendre un premier poste. Dans plus de 80 % des cas, ces critères n'ont qu'un impact limité sur les probabilités de réussite dans le poste.
Désormais, c'est sur leurs aptitudes, leurs motivations réelles et leur personnalité que les candidats sont sélectionnés. La personnalité rien qu'à elle seule explique en effet près de 25 % des différences entre les plus et les moins performants dans certaines fonctions.
En changeant les règles du jeu, l'approche permet aux candidats éloignés des "standards" auxquels sont habitués les recruteurs d'accéder enfin à l'emploi. Non seulement ils ont enfin les moyens de se doter d'indicateurs objectifs et précis quant à la capacité à réussir de leurs candidats, mais en plus, ils ont également les moyens de sortir du cadre et d'élargir enfin leur panel de candidats potentiels.
David Bernard