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Impression 3D : demain, tous fabricants ?

Marylou Morat

Publié le 19 mai 2016 à 13:00 - Mis à jour le 19 mai 2016 à 13:57

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L'impression 3D offre déjà de multiples possibilités. Médicaments, alimentation ou jupes : la recherche bat son plein dans ce secteur de la fabrication additive. Mais la 3D de demain, laissera aussi place à la personnalisation des objets pour les consommateurs. En évitant la surconsommation, la 3D permet aussi d'avoir une consommation plus réponsable. Par Marylou Morat, responsable de production chez Fabulous, agence conseil en impression 3D.

Les Français ont un rapport contrasté avec l'impression 3D. D'un côté, la Maker Faire 2015 a attiré 35 000 personnes, dans un pays pionnier des technologies de fabrication additive et à la pointe dans bien des domaines (aéronautique, médical, etc.). Le succès du salon 3D Print à Lyon témoigne également de la vitalité des acteurs professionnels. Dans le même temps, la 3D n'est pas encore entrée dans les foyers : la technique la plus connue concerne l'impression de plastique et n'est utilisée qu'à des fins ludiques, comme imprimer des personnages de fiction ou des gadgets.

Toutefois, quelques marques invitent déjà à une expérience grand public utilitaire. Elles livrent par exemple des fichiers permettant d'imprimer chez soi, ou de faire imprimer chez un professionnel de son quartier, le bac cassé d'un réfrigérateur, ou bien la pièce manquante d'un jouet de construction. En cela, elles suivent une révolution numérique plus large, commencée dans les années 2000 quand les fabricants d'électroménager ont dématérialisé notices, garanties et conseils pour créer des espaces clients virtuels personnalisés. Le changement ne semble pas décisif et la vente d'imprimantes 3D personnelles n'attire encore que les plus bricoleurs. Pourtant, dans ces pratiques, on peut déjà voir les signes de modifications drastiques des modes de consommation.

Personnalisation des objets

Si les polymères (plastiques) sont la première vitrine de l'impression 3D, ils n'en sont pas la frontière. Aujourd'hui, on peut imprimer près de 500 matériaux différents, incluant l'or, le titane, la céramique, le béton, des plastiques souples, transparents, composites... Et la recherche bat son plein. Le premier médicament imprimé en 3D a reçu une autorisation d'exploitation, l'imprimante 3D alimentaire est très sérieusement à l'étude, la jupe imprimée en 3D tient le haut du pavé sur les défilés. Demain, nous consommerons autrement dans toutes les catégories de biens les plus quotidiens.

Lire aussi : Comme une impression de révolution 3D

Nous serons tous designers ! Les marques comprennent déjà les possibilités commerciales offertes par la personnalisation d'objets, de mobilier ou de vêtements. Très vite, il n'y aura plus de pièces uniques. La personnalisation d'une zone d'un objet va devenir monnaie courante, puis tout l'objet. Effet de mode ? C'est une pratique qui séduit déjà comme le montre le succès des voitures qui combinent de multiples options. Car la personnalisation n'est pas qu'esthétique. Elle est aussi ergonomique (adapter la forme d'un meuble pour l'insérer dans un espace), pratique (consommer une quantité idoine du principe actif d'un médicament selon son poids et sa taille), etc.

Un impact écologique

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Enfin, il existe une convergence entre le « consommer 3D » et les aspirations plus générales des Français d'une consommation plus responsable. En effet, commanditer un objet, ce n'est pas l'acquérir. L'acte d'achat n'aura plus la même signification. Faire fabriquer à la demande revient à éviter la surconsommation. C'est aussi la possibilité d'acheter local car ce sont les fichiers qui voyagent, plus les objets. L'impact écologique est donc réduit.

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La France dispose du parc machine, des personnels compétents et de l'état d'esprit pour initier ce changement, les marques les plus avisées devraient logiquement tirer leur épingle du jeu.

Marylou Morat

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