Pourquoi l’océan constitue l’avenir de l’Homme
Denis Lacroix
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Si notre Terre s'appelle aussi "la planète bleue", c'est parce qu'elle est en grande partie recouverte par l'océan. Cette fine pellicule (une goutte d'eau en volume si, en proportion, la Terre avait la taille d'une orange) fait toute l'originalité de la Terre. Mais combien de terriens connaissent l'océan, ses richesses, ses services, ses vulnérabilités ? Mars est mieux cartographiée que 90 % des grands fonds océaniques. Depuis peu, on sait que l'océan joue un rôle essentiel dans la régulation du climat, qu'il contient la première biomasse du monde et probablement la plus grande biodiversité, qu'il constitue la plus importante source d'oxygène et le plus efficace des puits de carbone.
L'océan fait l'objet de multiples interrogations et recherches en matière de changement climatique, car il est le "radiateur" du globe, et ses grands écosystèmes, qu'ils soient productifs (pêche) ou non (coraux) commencent à être aussi étudiés. Cet espace à trois dimensions, en mouvement permanent, est en effet difficile à "saisir" pour l'esprit humain. On sait aussi que le "système océan" évolue sous de multiples pressions d'usage, directes (celle de la pollution, par exemple) et indirectes (acidification, etc.) mais on ne dispose pas à ce jour d'une vision globale et intégrée de son fonctionnement.
L'océan commence cependant à être perçu comme un enjeu mondial par les politiques comme par le grand public. Les formes de cette perception, qu'elles soient intuitives ou raisonnées, sont multiples : mer-menace (montée du niveau de la mer, tsunamis, piraterie...), mer-poubelle (déchets plastiques...), gisement de ressources vivantes et minérales (33 % du pétrole et du gaz, par exemple), voie de transport (90 % du transit mondial), espace de loisir, de santé, de détente... De fait, de nombreuses activités maritimes à forte valeur économique ou patrimoniale sont liées à l'océan même si son poids économique reste modeste : environ 1 500 milliards de dollars de valeur ajoutée, soit 2,5 % de la valeur ajoutée du monde, mais il devrait doubler d'ici 15 ans. À l'exception de la pêche, tous les secteurs maritimes connaissent une forte croissance. C'est le cas des énergies renouvelables marines qui présentent un fort potentiel. Ainsi, l'océan apparaît de plus en plus à la croisée de nombreux enjeux environnementaux, territoriaux, économiques, sociaux et géopolitiques, notamment en matière de droit de la haute mer.
Denis Lacroix
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