• La Tribune
  • La Tribune Dimanche
  • La Tribune Afrique
  • Air&Cosmos
  • |
  • Événements
  • L'instant Sélection
Une du journal La Tribune

Dernière édition

Flèche menu déroulant
Newsletters
Logo La Tribune
  • Économie
  • Finance
  • Tech & IA
  • Énergie & industrie
  • Transports
  • Défense & aérospatiale
  • Climat
Logo La Tribune
  • Économie
  • Finance
  • Tech & IA
  • Énergie & industrie
  • Transports
  • Défense & aérospatiale
  • Climat

Sélectionnez votre région

Logo La Tribune

RECHERCHER

Loupe

LTD
La Tribune Dimanche
Ouvrir dans une nouvelle fenêtre
Air&Cosmos icon
Air&Cosmos
Ouvrir dans une nouvelle fenêtre

À la une
  • Finances publiques
  • Fiscalité
  • Immobilier
  • Consommation
  • Distribution
  • Politique internationale
  • Finances personnelles
  • Banque & assurances
  • Marchés financiers
  • Intelligence artificielle
  • High tech
  • Télécoms
  • Start-up
  • Énergie
  • Politique industrielle
  • Chimie & pharmacie
  • Automobile
  • Mobilités
  • Aéronautique
  • Défense
  • Spatial
  • Environnement
  • Agriculture & agroalimentaire
Idées & débats
Kiosque numériqueNewsletters
La Tribune DimancheLa Tribune AfriqueAir&Cosmos
  • La Tribune Now
  • Votre argent avec Finance Héros
  • Construire les mobilités de demain
  • Fonction Finance 2.0 avec Cegid
  • Transformations durables avec Forvis Mazars
  • Accélérer avec le Cloud par AWS
  • Fisher Investments
  • Au coeur du business
  • VisionAir avec Bpifrance
  • Adaptabilité permanente : Le pouvoir d’agir avec IBM Consulting
  • Succès d'entreprises avec Deloitte
  • L'Œil sur vos Finances
  • Les Rencontres de Roissy Meaux Aéropôle
  • France Travail accompagne le Salon des Maires
  • La CCI Paris Ile-de-France, le réflexe des entrepreneurs
  • #La Tribune Business Interviews
  • #La Tribune Business Dossiers
  • #La Tribune Business TV
  • Instant Sélection
Événements
Débats - La Tribune AURAOpinion - La Tribune AURA

Coronavirus. Etienne Klein : "Enfin savoir où on habite"

Denis Lafay

Publié le 08 avril 2020 à 04:10 - Mis à jour le 11 avril 2020 à 08:58

Photo d'illustration

Photo d'illustration

Hamilton / Réa

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
LireS'abonner

Les plus lus

  • 1

    Moyen-Orient : la guerre du détroit aura bien lieu

  • 2

    Incendies : Positive Aviation franchit une étape décisive pour transformer un ATR en alternative au Canadair

  • 3

    Pétrole : le Panama va prendre la main sur un oléoduc, « l'une des infrastructures stratégiques les plus importantes du pays »

  • 4

    Saturation du réseau électrique : 2 500 producteurs d’énergie renouvelable dans l’attente de solutions de raccordement

  • 5

    Bourse : Nvidia et les géants des puces dévissent sur les marchés, Apple devient la première capitalisation mondiale

  • 6

    Dominique de Villepin, candidat à la présidentielle : « Pour éviter le pire, il faut s’entendre »

Régions

  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne-Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur

La Tribune +

  • Espace abonné
  • Kiosque numérique
  • Annonces légales
  • Déposer vos annonces légales

Services

  • Supplément
  • La Tribune now

Evénements

  • ACT50
  • Aéroforum
  • AIM
  • Bordeaux Solar Summit
  • Family & Business Forum
  • Forum Europe Afrique
  • Impacts Santé
  • Les Lauréates
  • Paris Air Forum
  • Sommet Aéronautique & Spatial de Bordeaux
  • Sommet Économique de la Corse
  • Tech For Future
  • World News Media Congress
  • Tous nos événements en régions

Pour gérer vos consentements,

Suivez-nous sur les réseaux sociaux

YouTube
LinkedIn
Facebook
Instagram
X

Application mobile

App Store
Google Play

  • Nous Contacter
  • Charte d'indépendance et de déontologie
  • Mentions Légales
  • CGU
  • CGU Pro
  • Gestion des cookies
  • Exercez vos droits
  • Politique de confidentialité

Droits de reproduction et de diffusion réservés @LaTribune

Partenaire digital de confiance - Certification de qualité
  • La Tribune
  • La Tribune Dimanche
  • La Tribune Afrique
  • Air&Cosmos
  • |
  • Événements
  • L'instant Sélection
Google icon
Ajouter La Tribune à vos sources préféréesAjouter La Tribune à vos sources préférées
LE MONDE D'APRES Le temps "ralentit", "freine", "est suspendu", "s'interrompt". De nouveau, une fois la période de confinement parachevée, il reprendra sa "frénésie", sa "course contre la montre", il exercera de nouveau son pouvoir, jouissif ou démoniaque, "d'accélération"... Ce moment de double claustration spatiale et temporelle, chez qui donc ne soulève-t-il pas de sentiment extatique ou angoissé, n'insuffle-t-il pas de telles expressions traduisant espérance ou résignation, fatalisme ou harangue ? Et pourtant, comme l'explique le physicien et philosophe des sciences Etienne Klein dans...

... e lumineuse leçon sémantique, il n'y a pas là d'enjeu, puisque "une minute fait toujours soixante secondes", que l'on soit assis dans un avion de chasse, sur une bicyclette ou dans un fauteuil. Notre relation au temps est en réalité perception, que définit maladroitement ou imparfaitement le contenu, l'impression du contenu dispensé dans cet espace temps. Et en découle "LA" question cardinale, à laquelle chacun est, dans ce moment de confinement, dans ce "pas de côté intérieur", comme jamais confronté : que "fais-je" de mon temps, "moi qui suis chez moi mais ne sais plus où j'habite" ? Peut-être est-il temps, invite Etienne Klein, de consacrer son temps à explorer les trésors, mésestimés, même pourchassés par la tyrannie utilitariste, d'un temps injustement arrimé à l'inutilité : celui de l'ennui, ce "loisir non chronométrique" sous l'écorce duquel germine l'opportunité, rare, de s'explorer, de se démasquer, de se déshabiller, de serpenter sans hâte dans les interstices de sa conscience, de découvrir ou d'exhumer une créativité, une inspiration, une disposition émotionnelle, une faculté empathique insoupçonnées ou enfouies. "En ces temps de confinement, l'expérience spirituelle d'un certain vide ressemblerait-elle à un alpinisme de l'âme ?", "nous" questionne-t-il.

On a l'habitude de dire que la différence entre l'espace et le temps tient en ce que nous pouvons nous déplacer librement à l'intérieur du premier, c'est-à-dire l'arpenter à notre guise (du moins en principe), alors que nous ne pouvons pas changer volontairement notre position au sein du second. L'espace nous est ainsi présenté comme le lieu de notre liberté, et même comme son symbole le plus éloquent, tandis que le temps serait une étreinte vis-à-vis de laquelle nous ne pouvons être que passifs : nous sommes temporellement "embarqués", comme eût dit un certain Blaise. Cela a une conséquence importante, de portée philosophique : notre liberté, si tant est qu'elle existe vraiment, n'est pas légère comme la grâce, car nous sommes irrémissiblement enchaînés au présent, confinés en un point de la ligne du temps, un seul à la fois.

Le temps, mine de rien, est une prison sans barreaux à lui tout seul.

Mais, comme chacun d'entre nous l'éprouve en ces jours si particuliers, notre expérience du confinement lié au petit coronavirus modifie à l'évidence les rapports que nous entretenons avec l'espace et avec le temps. Nous parlons de cette assignation à résidence collective comme si elle était une affaire exclusivement temporelle : "combien de temps cela va-t-il diantre durer ?", nous demandons-nous. Alors que, concrètement, elle s'impose d'abord et surtout comme un phénomène spatial ; notre espace vital, soudain borné par quelques murs trop proches, se trouve radicalement rétréci. D'un coup de gong, nos logements se sont métamorphosés en cages.

Y compris dans la vie de ceux qu'elle n'a pas directement touchés, l'épidémie se montre ainsi pour ce qu'elle est : une "étrange tyrannie", selon les justes mots d'Albert Camus, devenu à l'évidence notre plus grand contemporain. Car nous voilà tous doublement confinés : dans le temps présent, comme d'habitude, et aussi, en plus, dans un petit volume d'espace, devenu lui aussi, pour le coup, une prison.

Une prison qui est plus ou moins confortable. Car chacun voit bien que la façon de vivre le confinement n'est pas la même pour tous, que les conditions dans lesquelles il se déroule sont même extraordinairement inégales : affaire de mètres carrés, de balcons, de jardins, de santé, de bibliothèques, de connexion, de vie intérieure, de revenus, de solitude, de promiscuité, d'entente, de mésentente, de philosophie personnelle, d'inclination plus ou moins grande à l'anxiété.

Newsletter

Ma Tribune

L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Illustration de la newsletter Ma Tribune

La peste et le théâtre, une même finalité

Pour la plupart d'entre nous, ce rétrécissement du volume de nos existences a quelque chose d'ambivalent. D'un côté, il radicalise et accentue ce qu'elles peuvent avoir de "moderne" et de confortable : plus encore que d'habitude, nous nous retrouvons protégés, bien à l'abri chez nous, par exemple de la violence de la nature et des turbulences de la météo.

Mais d'un autre côté, ce confort relatif peut être diminué ou même broyé par les circonstances très spéciales que nous vivons : nous nous faisons un sang d'encre à propos de la santé de nos proches, ou de l'impact individuel et collectif que pourrait avoir le naufrage de l'économie.

"DansLe théâtre et son double, Antonin Artaud faisait remarquer qu'une épidémie telle que la peste a de commun avec le théâtre qu'elle pousse les humains à se voir tels qu'ils sont : "Elle fait tomber le masque (sic !)", écrivait-il."

Cette situation est d'autant plus déstabilisante que cette interruption brutale de la plupart de nos routines est venue déplacer notre barycentre existentiel. Notre "être au monde" s'en trouve même transformé, ce qui ne constitue pas nécessairement une partie de plaisir.

Pour le meilleur ou pour le pire, nous nous retrouvons écartés de la dynamique ordinaire de notre vitalité, forcés de ralentir, délivrés de "l'intoxication par la hâte" dont parlait déjà Paul Valéry, invités par là-même à une sorte de retour sur soi, de pas de côté intérieur. Cela ne va pas sans remises en cause, ni sans révélations, heureuses ou malheureuses.

Dans Le théâtre et son double, Antonin Artaud faisait remarquer qu'une épidémie telle que la peste a ceci de commun avec le théâtre qu'elle pousse les humains à se voir tels qu'ils sont : "Elle fait tomber le masque (sic !)" , écrivait-il. Le coronavirus a donc quelque chose d'authentiquement métaphysique : par ses multiples effets, il agit sur nos vies comme un produit décapant.

Je n'ai évidemment pas de recettes à délivrer (c'est le mot) pour bien vivre le double enfermement spatio-temporel qui nous est légitimement imposé. Ce serait au demeurant superfétatoire, tant sont nombreuses les personnes touchées par quelque mystérieuse grâce qui se chargent déjà de nous conseiller, distillant toutes sortes de recommandations urbi et surtout orbi.

Pourvues d'on ne sait quelle sagesse, dépositaires de savoirs venus d'on ne sait où, riches d'expériences inconnues de nous autres, elles viennent nous expliquer doctement, avec encore plus d'insistance que d'habitude, comment nous devrions occuper notre temps, en faire quelque chose qui ait du "sens" ou de "l'intérêt", comment nous pourrions le rendre agréable ou moins pénible, l'organiser harmonieusement entre occupation des enfants, télétravail, activités physiques et tâches domestiques. Toutes ces injonctions éclairantes qui s'immiscent abusivement dans nos vies intimes ! Ne vivons-nous pas une époque extraordinaire ?

Le temps, ni ne presse ni ne se presse

Je me contenterai de rappeler ici une évidence qui mérite de l'être par les temps qui courent (qui, pour le coup, ne courent plus guère) : cette expérience du confinement ne change rien au temps même. Quoi que nous fassions ou ne fassions pas, une minute dure toujours soixante secondes, qu'elle soit de douleur ou d'extase, de travail ou d'ennui, de silence ou papillon.

Seule notre perception du temps se trouve en l'occurrence bouleversée : notre métrique des durées devient éminemment variable, les jours en viennent à se ressembler, ceux du week-end ne se distinguent plus de ceux de la semaine, les repères chronologiques ordinaires s'estompent ou disparaissent - Sommes-nous mercredi ou jeudi ? -, le déroulement de la journée semble manquer de rythme, de figures imposées, de marqueurs, de rendez-vous, d'ancrages, comme si le fait d'avoir enfin du temps (ce qui est loin d'être le cas de tout le monde) faisait perdre la notion même de temps.

C'est le grand paradoxe du confinement : chacun est chez soi mais plus personne ne sait où il habite.

Si nous avons l'impression que c'est le temps lui-même qui change lorsque nous sommes confinés, et non simplement notre rapport à lui, c'est essentiellement parce que nos façons de dire le temps tendent depuis des lustres à le confondre avec la diversité des temporalités dont il est le réceptacle. Ainsi, lorsqu'il y a urgence à agir, nous disons que "le temps presse". Mais en réalité, dans ces situations-là, c'est nous qui sommes pressés, et non le temps, qui ni ne presse ni ne se presse : lui suit son cours sans se soucier de notre hâte, et sans que celle-ci ne l'affecte en rien...

" C'est le grand paradoxe du confinement : chacun est chez soi mais plus personne ne sait où il habite "

Le temps aux allures d'arlequin

De façon générale, nous parlons du temps comme si les phénomènes temporels dont nous sommes les sujets ou les témoins lui ressemblaient, le donnaient à voir ou le résumaient. Cet amalgame ancien et persistant nous conduit à attribuer au temps autant de qualificatifs qu'il y aurait de temporalités différentes : ainsi parlons-nous de temps prétendument "vide" sous prétexte qu'il ne s'y passe rien ; de temps "cyclique" dès que des événements identiques se répètent ; de temps "psychologique", avec l'idée qu'il existerait une sorte de second temps, autonome, évoluant tout seul dans son coin sans tenir le moindre compte de l'heure qu'indiquent les montres.

Comme si le temps se confondait avec les divers déploiements, plus ou moins rythmés, plus ou moins signifiants, dont il est le support et qui lui servent de décor ou d'habit. Mais si le temps avait de telles allures d'arlequin, aurait-il la moindre consistance propre ? La moindre utilité ? Serait-il encore digne d'être un concept ?

Arrêtons-nous par exemple sur l'expression "le temps s'accélère", qui était si souvent prononcée dans le monde d'avant. Au simple motif que le rythme et la quantité des événements qui nous sont rapportés s'accroît, elle proclame que c'est la vitesse même du temps qui augmente. Elle fabrique ainsi un raccourci qui déforme insidieusement notre rapport psychique au présent : nous nous sentons asynchrones par rapport à on ne sait quelle dynamique vraie qu'aurait la réalité. Piégés par un faux rythme, nous avons l'impression de manquer quelque chose de la course que le monde fait avec lui-même, d'être décalés par rapport à l'idéologie contemporaine du "temps réel", de stagner dans un retard impossible à compenser...

En réalité, quand les choses s'emballent, nous sommes moins les victimes d'une prétendue "accélération du temps" (expression qui, au demeurant, n'a pas de sens, le temps n'ayant ni vitesse ni accélération...) que de la superposition de multiples présents qui peuvent être contradictoires entre eux : en même temps que nous tentons de nous concentrer sur une tâche précise, nous répondons aux sollicitations qui proviennent de notre téléphone portable ou de notre ordinateur, comme si s'abattait sur nous une sorte d'entropie "chrono-dispersive". Souvent, cette juxtaposition de stimuli ou d'injonctions nous excite parce qu'elle crée une sensation de tourbillon existentiel : elle se transmute alors en artefact de vitalité, en griserie dopante. Mais parfois, au contraire, elle nous déborde, nous stresse, nous consume.

" L'ennui n'offre-t-il pas la possibilité d'un contact ouvert avec son intimité, de creuser en soi-même ? Il devient alors un "loisir non chronométrique", une pause involontaire et libre qui opère des prodiges dont aucun tumulte n'est capable."

Notre rythme existentiel à la lumière de notre tempérament, des circonstances ou des obligations ?

Il ne faut toutefois pas perdre de vue que tout le monde ne court pas au même rythme. Tandis que certains se brûlent littéralement à force de ne plus avoir le temps d'avoir le temps, d'autres s'ennuient à mourir, d'autres encore trouvent le temps de regarder la télévision plus de cinq heures par jour. Toutes les existences ne trépident pas. En matière de vitesse existentielle, nous sommes à mille lieues de l'égalité.

Il se peut néanmoins que le confinement, pour le coup, rebatte les cartes en la matière. Qu'il chamboule la hiérarchie des tempos individuels. Il serait par exemple intéressant de savoir si, en cette période de réclusion quasi-générale et de jachère sociale, ceux qui ont d'ordinaire les vies les plus trépidantes s'ennuient plus que ceux dont les existences sont plus calmes. Cela permettrait de déterminer si le rythme existentiel de chacun d'entre nous est affaire de tempérament ou plutôt de circonstances ou d'obligations.

Cela ne vaut pas sondage, mais nombreux sont ceux qui, autour de moi, disent s'ennuyer davantage qu'à l'accoutumée : spleen, désœuvrement sentiment d'insignifiance, tels sont les mots qui leur viennent spontanément. Le temps qui passe leur semble stérile, soit parce que rien n'arrive, soit parce qu'ils n'ont rien à faire, soit parce qu'ils ne parviennent pas à s'intéresser à ce qu'ils font ou devraient faire.

"S'ennuyer, c'est chiquer du temps pur", disait Cioran. C'est en effet vivre l'expérience d'une vacance lente et persistante. Mais cet ennui, qu'on présente presque toujours comme une expérience à éviter, voire à fuir, n'est-il pas plus étonnant, plus ambigu ? Pris du bon côté, il peut offrir la possibilité d'un contact ouvert avec son intimité, de creuser en soi-même. Il devient alors un "loisir non chronométrique", pour parler là encore comme Paul Valéry, une pause à la fois involontaire et libre qui opère des prodiges dont aucun tumulte n'est capable. Il peut même se muer en antichambre apaisée de la germination, de l'imagination, de la réflexion, de l'inspiration, activant certaines dimensions propulsives de l'être, qu'il transporte jusqu'aux « altitudes lucides » chères à Stéphane Mallarmé.

En ces temps de confinement, l'expérience spirituelle d'un certain vide ressemblerait-elle à un alpinisme de l'âme ?

.............................................................................................................................................

Etienne Klein est physicien et philosophe des sciences. Il est professeur à l'Ecole Centrale de Paris et dirige le Laboratoire de Recherche sur les Sciences de la Matière du CEA (LARSIM). Il est producteur et présentateur de l'émission hebdomadaire sur France Culture. Dernier ouvrage paru : Ce qui est sans être tout à fait, essai sur le vide (Actes sud, 2019)

Denis Lafay

Sur le même sujet

Pascal Picq

Management. Comment bâtir un projet d'entreprise qui intègre le télétravail ?

DEBATS. Comment concilier les enjeux du télétravail, avec ceux du management ? Cette problématique était au cœur du débat co-organisé par la Tribune et l'ESDES Lyon Business School ce lundi 15 novembre avec Pascal Picq, paléoanthropologue au Collège de France et Audric Mazzietti, docteur en psychologie cognitive à l’Université de Lyon. Avec un constat : après avoir bousculé la routine « métro-boulot-dodo », l'essor du télétravail avec la crise sanitaire demeure encore un "work in progress" au sein des entreprises.

Débats - La Tribune AURA
Etienne Klein à Seb Talk

"On ne fait pas confiance aux résultats qui nous dérangent, mais à ceux qui nous indiffèrent" (Etienne Klein)

IDEES. Étienne Klein, physicien, professeur à l’École centrale à Paris et directeur du laboratoire de recherche sur les sciences de la matière au CEA (Commissariat à l’Énergie Atomique) était l'invité d'un Seb Talks, hier. Un pas en dehors de ses sujets de prédilection, c'est cette fois-ci sur le thème de la confiance qu'il a été invité à disserter. Un sujet d'actualité en temps de pandémie, où la notion de confiance prend une toute autre perspective.

Premium
Débats - La Tribune AURA
Cédric Osternaud

Cédric Osternaud (Casino) : "Développer le e-commerce, y compris dans les zones rurales"

Grand Entretien. Cédric Osternaud est le nouveau directeur général exécutif en charge du e-commerce, de l’innovation et des projets transverses de Casino Distribution France (l’entité regroupant les enseignes Casino, Géant, Vival, Spar, Petit Casino etc). Il revient, pour la Tribune, sur l’accélération du réseau en matière de e-commerce et des drives, sans l'opposer pourtant à celle de ses magasins physiques. Il vise désormais les 5.000 points de contact e-commerce, avec une forte présence au sein des zones rurales.

Premium
Grands Entretiens - La Tribune AURA
Bruno bernard

"Nous souhaitons travailler sur une filière du rétrofit en local" Bruno Bernard (Métropole de Lyon)

GRAND ENTRETIEN. Près de six mois après son arrivée, le président écologiste, Bruno Bernard, a fait de Lyon l'une des premières métropoles à voter un plan pluriannuel d’investissement (PPI), en pleine crise sanitaire. En augmentant les investissements ainsi que le budget du Sytral, l’autorité régulatrice des transports lyonnais, l'élu écologiste veut acter du changement de méthode. Tramway, télécabine et même filière du rétrofit à bâtir... Bruno Bernard revient avec La Tribune sur des arbitrages assumés en faveur du verdissement des transports, tout en freinant sur le dossier du métro,...

Premium
Grands Entretiens - La Tribune AURA
Des chalets pour construire une cordée face à la misère

Des chalets pour construire une cordée face à la misère

A l'heure où les stations de sports d'hiver entament un très timide début de saison, leurs remontées toujours mises à l'arrêt, le fondateur de l'association Habitat et Humanisme, Bernard Devert, revient sur l'image du chalet qui, d'abord pensé comme un lieu de villégiature en montagne, pourrait aussi devenir un outil d'insertion en mode de vie urbain, comme en témoigne un projet bâti avec l'association L'Entreprise des Possibles.

Premium
Opinion - La Tribune AURA
Philippe Rivière ACI Groupe

G20 : "L’exemplarité vis-à-vis de la société et du climat doit être davantage valorisée"

TRIBUNE. Il a fait partie des 300 chefs d’entreprises des quatre coins du globe, réunis virtuellement, à l’occasion du 12e Sommet du G20, qui s'est tenu il y a quelques semaines. Philippe Rivière, fondateur du consortium lyonnais d’entreprises industrielles ACI groupe a participé à la rédaction d'un recueil de huit propositions "pour sauvegarder le patrimoine économique et entrepreneurial français", remis cette semaine au Secrétaire d'État chargé du Numérique, Cédric O.

Opinion - La Tribune AURA
"La liberté, une harmonie qui se joue sur la confiance"

"La liberté, une harmonie qui se joue sur la confiance"

OPINION. Il se souvient de ces mots du poète Friedrich Hölderlin : « Là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve ». Dans cette tribune, le fondateur du mouvement Habitat et Humanisme, Bernard Devert, revient sur les racines de la liberté, qui reposent selon lui avant tout sur la confiance.

Premium
Opinion - La Tribune AURA
Samuel Paty : L’Esprit de liberté vit toujours

Samuel Paty : L’Esprit de liberté vit toujours

OPINION. Un professeur est mort pour avoir assumé pleinement sa vocation : servir la liberté. Il éveilla ses élèves à quitter les idées toutes faites, pire encore, ces amalgames nourrissant les rentes perfides des illusions et des intégrismes meurtriers de l’humain.

Opinion - La Tribune AURA