"Les sportifs de haut niveau développent des qualités requises pour l'entrepreneuriat"

Florine Galéron
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chercheuse sport
DR//Rémi Benoit

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Vous avez mené sur l'année 2016-2017 des entretiens de sportifs de haut niveau devenus entrepreneurs en France et des chercheurs allemands ont réalisé le même suivi. En quoi une carrière sportive peut-elle les aider à devenir chef d'entreprise ?
Les sportifs de haut niveau développent des qualités requises pour l'entrepreneuriat. À commencer par l'esprit de compétition. Un créateur d'entreprise est confronté sans cesse à la concurrence sur son marché, à des rivaux. Un sportif rêvant de devenir champion du monde va établir un plan d'objectifs intermédiaires pour obtenir ce titre : des victoires régionales, nationales, européennes... De la même manière en entreprise, il va découper ses objectifs : décrocher les premiers clients, améliorer le produit... plutôt que déclarer dès le début vouloir être leader mondial dans son domaine.
Par ailleurs, dès leur plus jeune âge les athlètes reçoivent des retours et des critiques régulières comme par exemple "Tu n'avais pas de jambes pendant le match" ou "Il faut que tu améliores ton coup droit". Au début, c'est très dur pour eux mais ils l'acceptent à la longue. Alors que beaucoup d'entrepreneurs considèrent leur boîte comme leur bébé et acceptent mal la critique, c'est moins le cas chez ces anciens sportifs. Le corollaire de cette qualité est que les athlètes de haut niveau développent une résilience face à l'échec. Un footballeur que j'ai interrogé me disait : sur les 50 à 60 matches de la saison, je ne vais pas tout gagner. L'important est de comprendre pourquoi cela n'a pas marché pour s'améliorer. Les destins à la Mark Zuckerberg (fondateur de Facebook, ndlr) sont minoritaires, la majeure partie des entrepreneurs est confronté à l'échec.
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L'entrepreneuriat est une voie intéressante pour les anciens sportifs puisque l'on peut créer son entreprise à 26, 30, 40 ans. Il est plus difficile d'intégrer une grosse boîte quand on y a aucune expérience. Pour ces entreprises, le profil des sportifs est un peu atypique.
Florine Galéron
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