Les ambitions des deux nouvelles directrices du Cnes à Toulouse (2/2)
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Le budget du Cnes augmente de 10% en 2017, passant de 2,12 milliards à 2,33 milliards d'euros. Comment interprétez-vous cette nouvelle ?
Marie-Anne Clair : Vous connaissez beaucoup d'établissements publics qui voient leur budget augmenter aujourd'hui ? Cela traduit un engouement réel et général. On le voit au niveau médiatique d'ailleurs : les journalistes se fascinent pour des événements uniques. Par exemple, on a lancé Rosetta il y a une dizaine d'années, nous avons attendu 10 ans d'avoir des résultats, cela s'est passé à des centaines de millions de kilomètres, après avoir parcouru 6 milliard et demi de kilomètres de trajet. Toutes ces dimensions "astronomiques" ont fasciné les gens.
L'astronaute Thomas Pesquet contribue à cet engouement ?
Geneviève Campan : Thomas Pesquet est jeune et super, les gamins ont les yeux qui brillent en suivant son aventure, et ils auront peut-être envie d'aller faire des études d'ingénieur : on en a besoin pour faire avancer la science. J'ai deux fils qui ont mis du temps à s'intéresser au spatial alors que leur mère y travaillait, mais maintenant c'est autre chose, ils sont les premiers à être branchés là-dessus. Cet engouement dépasse l'entendement, j'en suis presque à me dire "attention que ça ne fasse pas too much !" Vous avez aussi un autre événement dont on parle peut-être moins, mais qui est tout aussi impressionnant, c'est le Vendée Globe. Le rôle du spatial dans cette course est passionnant et très impressionnant.
Marie-Anne Clair: Mais ce n'est pas le New Space ! Thomas Pesquet, Philae, le Vendée Globe, ce n'est absolument pas le New Space, et pour utiliser un mot que l'on n'aime évidemment pas, c'est du "Old Space" !
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Marie-Anne Clair ©photo Rémi Benoit
Pourquoi investit-on autant d'argent dans le spatial, finalement ?
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Geneviève Campan : C'est vrai que les gens se posent beaucoup de questions sur pourquoi investir de telles sommes, mais c'est aussi la part de rêve dont on parlait tout à l'heure et qui fascine les Américains : connaître les origines de la vie, le big-bang, est-ce que Mars a été habitable par exemple, ce sont des choses qui intéressent et qui ne sont pas remises en question par les gens. Le budget par Français par an consacré au spatial est de 33€.
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