FMI : Les BRIC au coeur de la politique de Lagarde

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La ministre de l'Économie souhaite rassurer les économies émergentes de son impartialité face à la crise de la dette des pays européens.

Christine Lagarde veut mettre toutes les chances de son côté pour devenir le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), après la démission de Dominique Strauss-Kahn, accusé de tentative de viol à New York.

Et elle donne la priorité aux émergents. Lundi, la ministre de l'Économie française était attendue au Brésil, où elle devait rencontrer son homologue brésilien Guido Mantega ainsi que le président de la Banque centrale Alexandre Tombini. Dans ses statuts, le FMI est comptable de son action devant le Conseil des gouverneurs, où siège soit le ministre de l'Économie soit le gouverneur de la Banque centrale du pays représenté.

Après le géant sud-américain, Christine Lagarde a prévu de se rendre en Chine, en Inde, en Afrique et au Moyen-Orient. Si elle peut déjà compter sur le soutien de l'ensemble de l'Europe, elle a aussi, selon Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères, celui de l'ensemble du G8, à l'issue du Sommet de Deauville de la semaine dernière. La Russie, les États-Unis, le Canada et le Japon n'ont cependant pas encore annoncé officiellement un tel soutien.

Possible « conflit d'intérêt »

La réticence des pays émergents ne porte pas tant sur la personnalité de Christine Lagarde que sur le fait qu'elle soit européenne et sur le processus de désignation. Ainsi, lundi, le ministre de Finances sud-africain Pravin Gordhan s'est dit « surpris » sur cette décision du G8 « prise derrière des portes closes », qui exclue de facto les pays émergents de la procédure de désignation du prochain directeur général de l'institution internationale.

Surtout, les émergents veulent mettre fin à cette règle non écrite consistant à attribuer le poste de patron du FMI à un européen, d'autant que certains y voient un possible « conflit d'intérêt ». Parmi les premiers bénéficiaires des programmes d'aide du FMI en début d'année, on comptait la Roumanie, l'Ukraine et la Grèce. Avec l'aide à l'Irlande et au Portugal, cet européocentrisme s'est accentué. Et les émergents craignent une politique plus conciliante à leur égard au détriment d'autres parties du globe.

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