Jean-Claude Trichet pour la poursuite des efforts de régulation et de surveillance

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La BCE a dû revenir en catastrophe sur le marché de la dette, mais son président veut des mesures structurelles pour relancer la croissance.

La contamination de la crise grecque à l'Irlande et au Portugal avait contraint la Banque centrale européenne, en mai 2010, à décider, à reculons, de procéder à des achats de titres de dette publique des États de la zone euro, mais en les neutralisant pour éviter un dérapage inflationniste par des opérations de stérilisation d'un montant équivalent auprès du système bancaire. Rachats opérés uniquement sur le marché secondaire - celui de la revente des titres - les traités européens lui interdisant l'accès au marché primaire - celui des émissions. Au total, elle avait engrangé 75 milliards d'euros de titres en un an, avant de s'abstenir de tout achat pendant dix-neuf semaines et de militer activement pour que ce rôle soit dévolu au FESF, le Fonds européen de stabilité financière. Lequel fonds doit recevoir l'aval des Parlements européens pour recourir à ce type d'opérations.

C'était sans compter sur l'extension de la crise de la dette vers des pays non « périphériques », l'Espagne et l'Italie respectivement quatrième et troisième plus puissants pays de la zone euro. Alors qu'elle avait commencé à normaliser sa politique monétaire dès avril, en procédant à deux hausses de son taux directeur, gelé depuis mai 2009 à 1 %, pour le porter à 1,5 % le 7 juillet dernier, la BCE a dû, moins d'un mois plus tard, revenir en catastrophe sur le marché de la dette. Entre le 4 et le 17 août, la banque centrale de Francfort a acquis le record hebdomadaire de 22 milliards d'euros de titres essentiellement italiens et espagnols la première semaine et de 14,3 milliards la deuxième, portant son portefeuille à plus de 110 milliards d'euros. Parallèlement, la BCE a dû rouvrir, le 4 août, son guichet de prêts à 6 mois au système bancaire en quantités illimitées.

D'ou l'agacement devant la lenteur des avancées des pouvoirs publics dans la gouvernance économique de la zone euro. À Jackson Hole, Jean-Claude Trichet s'est certes déclaré ouvert à une politique monétaire « non classique » si les marchés devaient à nouveau s'effondrer. Dans un discours, il a de nouveau insisté sur « les nécessaires réformes de structures, seules de nature à relancer la croissance européenne », a-t-il déclaré devant ses collègues banquiers centraux. Il a aussi appelé à la vigilance sur les déficits et les flux d'épargne. Si les déficits ne sont pas maîtrisés, alors ils contaminent l'ensemble de l'économie mondiale. « Des améliorations significatives dans la régulation et un système de surveillance international pourraient grandement nous aider », a-t-il encore précisé. Avant de conclure sur cette admonestation en direction des dirigeants politiques : « Nous devrions travailler dur pour continuer sur cette voie... »

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