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L'austérité comme seule réponse au défi de la dette souveraine

Florence Autret

Publié le 27 octobre 2011 à 04:46 - Mis à jour le 27 octobre 2011 à 04:48

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L'Europe a-t-elle raison de choisir d'accélérer la rigueur budgétaire pour soigner la crise de la dette souveraine ? Cette réponse, imposée par Bruxelles et Berlin, est contestée par beaucoup d'économistes.

Vu l'explosion des déficits publics, l'idée que la consolidation budgétaire fait partie de la réponse à la crise s'est facilement imposée. En 2009 et 2010, les États de la zone euro ont dû en moyenne s'endetter à hauteur de 6 % de leur PIB pour financer l'excès des dépenses sur leurs recettes. « Ce n'est pas une politique soutenable », a maintes fois répété le commissaire en charge des affaires monétaires. L'emballement de la crise de l'euro semble lui donner raison.

Sous l'impulsion d'Olli Rehn, l'ensemble de la zone euro s'est engagé depuis 2010 sur la voie d'une consolidation générale des finances publiques avec, en ligne de mire, des déficits autour de 3 % du PIB en 2013 et un rythme impératif de réduction du stock de dettes. Signe que la gouvernance économique européenne est déjà une réalité, cela s'est fait d'une façon relativement coordonnée et selon les lignes arrêtées en concertation avec Bruxelles.

Le commissaire finlandais, chargé de veiller au respect des critères de Maastricht et pressenti par certains pour devenir une sorte de ministre des Finances de l'Eurozone, a embrassé la doctrine Trichet. Une doctrine dont la lettre du président de la Banque centrale européenne au Premier ministre italien, datée du 5 août, offre un bon résumé : réduction des déficits « principalement via des coupes dans les dépenses », « révision des règles d'embauche et de licenciement », « réforme du système de négociation collective », resserrement des critères d'attribution des retraites.

Mercredi matin, à Bruxelles, les négociateurs parlaient d'annexer aux conclusions du sommet la lettre d'intention italienne où Silvio Berlusconi détaille son programme de réformes. Cette symbiose politique entre la Commission européenne et la BCE répond à une logique institutionnelle et politique.

Les « réformes structurelles » sont également au centre de l'« examen annuel de croissance », autrement dit le programme politique proposé par la Commission en janvier 2011 et sur la base de laquelle les pays de la zone euro sont censés arrêter leurs propres orientations budgétaires et de réforme.

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Un peu de relance

Cette offre politique, parce qu'elle semble en ligne avec les critères de Maastricht, satisfait la demande allemande de rigueur et d'austérité. En conséquence, la réponse européenne à la crise reste pour l'instant essentiellement une politique d'austérité et de désengagement public. Or, ces choix sont contestés. Les économistes, comme Paul Krugman, voient dans cette austérité coordonnée la recette de la prochaine récession. Les États-Unis plaident, jusqu'à présent en vain, pour un peu de relance.

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Surtout, même les plus fédéralistes qui voient dans la crise une occasion de progresser vers l'union politique, s'interrogent à la fois sur le bien-fondé et sur la légitimité de cette politique. « L'examen annuel de croissance équivaut à une déclaration de politique générale. Normalement, c'est quelque chose qui se vote », explique l'eurodéputé belge Philippe Lamberts (Verts). « Aujourd'hui, dans beaucoup de pays, les engagements pris vis-à-vis de la Commission européenne, au nom de la gouvernance économique, ne jouissent pas d'une base de légitimité forte », ajoute-t-il. Sauf en Allemagne et aux Pays-Bas, les Parlements ne sont que très indirectement associés à ces choix. Si la Commission devait devenir, après une éventuelle réforme des traités, le véritable gouvernement économique de l'Europe, comme certains le proposent, la question de son contrôle démocratique sera plus que jamais posée. Florence Autret, à Bruxelles

Florence Autret

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