La souveraineté, mission (vraiment) impossible ?

Laurence Bottero
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... , lorsque c’est pertinent, favoriser les solutions tricolores ? Autant de questions abordées lors du Think Tech Summit *.
La souveraineté alimentaire a été au cœur de la polémique lors du rapprochement - avorté - entre Carrefour et Couche-Tard. La souveraineté numérique est, elle, un sujet depuis très longtemps au cœur des discussions, des inquiétudes, dès lors, par exemple que l'on parle d'hébergement de données. La souveraineté, un réel sujet de compétitivité économique, encore plus alors que la relance se prépare. C'est exactement ce que dit Cédric Messina.
« La souveraineté doit être notre cheval partagé, à tous. Quand on parle de souveraineté, on parle d'Amazon. Or, la question de la suprématie d'Amazon aurait dû être réglée il y a 20 ans. Souvent on évoque une prédominance des GAFA, d'Alibaba mais ce sont souvent des entreprises qui s'y sont pris bien en amont. Et ce n'est pas en aval qu'il faut réfléchir au sujet. Souvent quand le constat est fait, c'est déjà trop tard. Pour moi, la bagarre économique du BtoC est perdue. Comment aller rattraper Netflix, Booking, AirBnb ? Ce serait super complexe et même illusoire de penser qu'avec le retard pris sur ce marché-là, on arrive à y répondre », explique le co-président de la French Tech Côte d'Azur.
Un point de vue que partage Charles Cohen le fondateur et dirigeant de la startup Bodyguard installée à Nice : « L'importance de l'écosystème est primordiale. Tant que l'on ne s'entraidera pas sur certains sujets numérique et tech, il sera compliqué de rivaliser avec les gros. Parce que on est très vite limité en France, on a beau faire des levées de fonds, et c'est compliqué d'aller à l'international. Si on peut déjà éprouver son produit sur le marché français avec des partenaires locaux c'est déjà un bon pas en avant ».
Des propos que porte Cédric Messina depuis longtemps. Car ce qui sous-tend ce n'est pas simplement que des solutions existent, c'est qu'elles soient utilisées. Par d'autres PME, mais aussi par des grands, groupes ou institutions, donnant ainsi de la visibilité, des capacités à grandir et à faire partie des leaders. « La souveraineté c'est aussi un engagement collectif. Comment on favorise les solutions et locales et nationales. C'est aussi entraîner tout un écosystème, pas pour nous-mêmes, mais pour créer de l'emploi. C'est simple, Netflix c'est zéro emploi en France, Canal + c'est 4 000 emplois. Il faut aussi aborder le sujet d'une manière économique. Dans les prochaines années, beaucoup d'investissements vont être consacrés au sport, avec les JO 2024, la Coupe du monde de rugby... Je donne un exemple, l'Euro 2016 ou la RyderCup c'est moins de 15 ou 20% de solutions françaises choisies. C'est 96% de solutions britanniques choisies pour les JO de Londres, 100 % pour les JO en Russie ou à Tokyo. C'est cela que l'on doit essayer de changer ».
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