Septembre est invariablement le mois du nautisme. Chaque année, la succession de salons professionnels, qu'inaugure le Cannes Yachting Festival premier salon à flot d'Europe, suivi ensuite du Monaco Yacht Show puis des Régates Royales de Saint-Tropez en octobre, place le focus sur un secteur qui fonctionne comme un baromètre de l'économie mondiale entre nouvelles grandes unités présentées en avant-première et un marché du brockage (de l'occasion) qui a pris su créer sa place notamment en période post-covid. Malmené l'année dernière par la conjoncture économique, le secteur retrouve, selon la Fédération des Industries Nautiques (FIN) une activité plus soutenue. En France, la filière nautique dans son ensemble, c'est-à-dire production, services et distribution compris, concerne 6 322 entreprises et 4 800 salariés pour un chiffre d'affaires généré en 2025 de 5,9 milliards d'euros.
Mais derrière l'image d'Epinal d'un secteur considéré comme un peu à part, se cache une autre réalité économique. Celle du pavillon français, appelé Registre International Français ou RIF. Un pavillon que n'arborent que 150 bateaux de grande plaisance, c'est-à-dire ceux compris entre 20 mètres et 150 mètres, alors que près de 3 000 de ces super navires, soit la moitié de la flotte mondiale, arpentent les côtes de la Méditerranée. Un delta considérable qui se traduit, dit Thomas Kieffer, par un manque à gagner en termes de retombés aussi bien touristiques qu'économiques et sociales, et qui, selon une étude, pourraient atteindre près de 2 milliards d'euros. Dirigeant de Edge, entreprise de gestion de yacht, basée à Marseille et Cannes, il pointe notamment du doigt le flou juridique qui concerne les contrats des marins de grande plaisance. Car ce terme même de grande plaisance n'apparaît dans aucun texte législatif. « Ce silence dans les textes fait du tort au secteur puisqu'il oblige à du bricolage et à faire dépendre les contrats au mieux du Code des Transport au pire du Code de Travail ». Avec comme effet secondaire, des redressements Urssaf et Prud'homaux jamais neutres pour les entreprises.