Immobilier de luxe : ce que dit le marché de la Côte d’Azur
Laurence Bottero
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On a souvent répété que le mot crise en chinois signifie également opportunité. C'est aussi ce qui résume bien le comportement de l'immobilier de luxe depuis l'apparition de la pandémie. Toujours dynamique malgré les différents soubresauts qui ont secoué l'économie française et/ou mondiale, ce segment particulier de l'immobilier confirme sa capacité à être résilient, ou plus précisément ici, difficilement ébranlable.
D'ailleurs, « le marché général se porte bien », confirme Heathcliff Zingraf. Et le CEO de Michaël Zingraf, groupe familial dont le siège est basé à Cannes, de citer comme première raison, directement liée à la crise sanitaire, le désir, né des divers confinements, d'espaces verts, de jardins et de soleil.
Mais, si différentes études ont révélé des envies d'ailleurs et autres exodes, de façon globale, tous profils confondus, le segment de l'immobilier de luxe en a profité largement.
Car, comme les Français ont redécouvert l'Hexagone sous ses différents aspects touristiques, ils ont également retrouvé le goût des territoires pour leur résidence immobilière. Et c'est clairement ce que note Heathcliff Zingraf. « La clientèle française a retrouvé de l'appétence pour le marché domestique. Si son budget est néanmoins moins élevé que celui d'une clientèle étrangère, la part qu'elle représente est en augmentation », sur une répartition globale clientèle française/clientèle étrangère établie à 55% /45%. A comparer avec la répartition pré-crise, de l'ordre de 35%/75%.
« Les Français sont davantage présents, on ne note pas de désaffection de l'intérêt de la clientèle étrangère », précise bien le CEO de Michaël Zingraf, le groupe, affilié exclusif Christie's, ayant d'ailleurs enregistré lui-même une croissance de l'ordre de 50% de son chiffre d'affaires. Une clientèle étrangère qui confirme donc, l'Europe du Nord étant toujours n°1, indéfectible. Anglais, Suisses, Allemands et Scandinaves prouvant, chacun, leur intérêt pour une Côte d'Azur davantage boudée par les Russes, devenus « une clientèle de vendeurs ». Peu présents également, les Américains, malgré leur amour pour cette partie du globe, n'y sont pas des investisseurs en masse. L'Asie ne fait pas mieux. « Les Chinois ? C'est anecdotique », révèle Heathcliff Zingraf. A noter, ce que le CEO de Michaël Zingraf appelle « la synergie entre bureaux », ou comment les autres agences du groupe (20 actuellement, 50 prévues à moyen terme), présentes en Suisse, à Deauville, à Paris (où une seconde agence ouvre) ou à Gtaad, par exemple, agissent comme des relais de croissance en proposant des biens établis sur la Côte d'Azur. De quoi ajouter du flux, au flux...
Laurence Bottero