Comment la Provence a pris place sur la scène de la gastronomie française
Maëva Gardet-Pizzo
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Photo d'illustration
MPG
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Il y a ses trottoirs maigrelets, sur lesquels on passe difficilement à deux. Sa longueur interminable. Ses bâtiments d'habitation aux volets bleus, typiquement marseillais. Ses vues sur mer et sur les monuments du quartier du Panier. Ce bruit permanent de voitures et de deux-roues... Mais s'il est une chose qui ne laisse aucun doute sur le fait que l'on se trouve rue Sainte, c'est bien cette odeur de fleur d'oranger qui embaume le fond de la rue. Une odeur tenace. Qui émane depuis 1781 de ce qui fait désormais figure d'institution à Marseille : le Four des Navettes.
A sa tête, Nicolas Imbert a vu cette rue - porteuse de charge religieuse avec l'abbaye Saint-Victor et industrielle entre le XVIIIe et le milieu du XIXe - changer à toute allure. « Il y a une dizaine d'années, il n'y avait pas grand-chose ici. Un restaurant chinois, un restaurant italien. Et quelques bars où l'on faisait des jeux d'argent. Puis il y a eu les Caves de l'abbaye », caviste mettant à l'honneur des vins bio et locaux. Suivies de l'épicerie paysanne Les Pissenlits qui ont attiré La Laiterie marseillaise, seule fromagerie de la ville à produire fromages, beurre et autres yaourts depuis janvier 2020.
« Nous avons choisi de nous installer ici car le pouvoir d'achat est plutôt élevé, avec de nombreux cadres. Ce qui est important pour un commerce comme le nôtre », explique Audrey Emery, cofondatrice de l'entreprise. « Mais aussi parce qu'on était entourées d'entreprises avec les mêmes valeurs que nous ».
Puis l'essaimage se poursuit. Avec l'arrivée de la Butinerie, fleuriste qui propose des végétaux locaux et de saison, et autres restaurants soucieux de leurs approvisionnements. « C'est super car nous travaillons tous ensemble ». La Laiterie fournit ainsi plusieurs commerces et restaurants de la rue. Dont Ekume, un nouveau venu qui propose une cuisine gastronomique, tournée vers la mer.
Mais si l'évolution de cette rue depuis une dizaine d'années est frappante, elle ne fait en rien figure d'exception. Nombreux sont les quartiers marseillais à avoir vu leur offre alimentaire s'enrichir en un rien de temps. « Il y a dix ans, personne ne réservait pour manger dans un restaurant à Marseille », observe Nicolas Imbert. « Maintenant, pour les meilleurs, il faut s'y prendre trois semaines à l'avance ! »
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