« Les agriculteurs sont la première source d’économies d’eau » (Agence de l'eau Rhône-Méditerranée-Corse)
Maëva Gardet-Pizzo
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Agence de l'eau - agriculture
DR
Maëva Gardet-Pizzo
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Agence de l'eau - agriculture
DR
LA TRIBUNE - En ce début de printemps, dans quel état se trouve la ressource en eau sur le bassin Rhône-Méditerranée-Corse ?
HÉLÈNE MICHAUX - La situation est préoccupante. Le niveau des cours d'eau est très bas. Nous sommes partis d'une situation défavorable, avec un été très sec et très long. Le mois de février a été marqué par des records de sécheresse et les quelques pluies de ces derniers jours n'ont pas suffi à recharger les nappes alors que nous entrons dans la période du développement de la végétation. Dans le même temps, l'enneigement a diminué de 10 % sur les trente dernières années alors que beaucoup de cours d'eau sont alimentés par la fonte de ces neiges. C'est le cas du Rhône, de la Drôme, de l'Isère ... De la neige en moins, c'est de l'eau en moins pour soutenir les cours d'eau au printemps.
Dans quelle mesure cette situation impacte les agriculteurs ?
40 % du bassin est déjà en déséquilibre, ce qui signifie qu'on prélève plus que ce que fournit la ressource. C'est un constat que l'on fait depuis une dizaine d'années. Cela concerne tout le territoire, mais plus encore le pourtour méditerranéen. Les agriculteurs sont particulièrement impactés car ils sont le premier consommateur d'eau. Ils représentent 48 % de l'eau prélevée en moyenne à l'année [Ce chiffre atteint même 70 % dans le sud du bassin, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur et dans la partie languedocienne de l'Occitanie, ndlr]. Ils utilisent de l'eau surtout pour l'irrigation et un peu pour l'abreuvement du bétail. C'est dans l'agriculture que les défis sont les plus importants car sans eau, il n'y a plus d'agriculture. Il faut parvenir à concilier leur mission de production alimentaire et la réduction de leur impact sur cette ressource.
L'Agence accompagne justement les agriculteurs en ce sens, avec, entre 2019 et 2022, 237 millions d'euros d'aides apportés à ce secteur. Quels types de projets soutenez-vous avec ces fonds ?
À lire également
Nous accompagnons des projets qui permettent de réaliser des économies d'eau grâce à la modernisation des systèmes d'irrigation. Sur notre territoire, les agriculteurs ont traditionnellement beaucoup recours à l'irrigation gravitaire [méthode qui consiste à immerger des parcelles pendant un laps de temps, ndlr] qui consomme de grandes quantités d'eau, supérieures aux besoins précis des plantes. Nous les encourageons à se tourner vers des méthodes d'aspersion au plus proche des besoins, et parmi ces méthodes, le goutte à goutte est le plus efficient sur des cultures pérennes où l'on ne travaille pas le sol.
Maëva Gardet-Pizzo